Au Nigeria, Kumché libérée de l’emprise de Boko Haram

Amchide, au nord du Cameoun, à la frontière nigériane, le 17 juin 2014. Les unités d'élite de la Brigade d'intervention rapide sont déployées sur le terrain contre les insurgés de Boko Haram.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Au Nigeria, la ville de Kumché a été libérée mercredi 24 février. Cette localité, proche de la frontière camerounaise, était aux mains des membres de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ex-Boko Haram, depuis plus de dix-huit mois. Environ 1000 soldats camerounais de la Brigade d'intervention rapide (BIR) ont combattu aux côtés des forces nigérianes pour cette opération qui a commencé mardi matin à l'aube.

Les combattants de Boko Haram ont d’abord résisté à l’assaut, lancé à l’aube. Ils ont riposté avec des tirs de RPG, de mitrailleuses 12-7 et de kalachnikov. Ils avaient face à eux des troupes de l’armée nigériane, des soldats du bataillon d’intervention rapide, l’unité d’élite du Cameroun, ainsi qu’un bataillon camerounais qui intervenait lui dans le cadre de la force mixte multinationale.

Les Camerounais font part d’un soldat tué dans leurs rangs, et de plusieurs blessés, mais l’objectif a été atteint. « La coordination avec les troupes nigérianes sur leur territoire a été excellente », s’est félicité une source sécuritaire. Les opérations de ratissage se sont prolongées jusque dans la matinée aujourd’hui à Kumché et dans les villages satellites. La libération de cette zone, située à peine à 15 km de la frontière, est une victoire dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

« Une bouffée d'oxygène »

L’offensive sur Kumché est la sixième opération conjointe menée par les Camerounais et leurs voisins en territoire nigérian. Et il y en aura d’autres. Les insurgés peuvent encore se cacher et se regrouper sans être inquiétés plus au Nord, sur un rayon d’une trentaine de kilomètres jusqu’à Dikwa. Reste que les troupes nigérianes font désormais systématiquement et immédiatement la jonction dans les villes libérées. Ca n’a pas toujours été le cas.

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En 2015, les contingents tchadiens et nigériens avaient dû attendre des mois avant que l’armée nigériane ne prenne le relais pour sécuriser les localités reprises aux insurgés. Le Cameroun est également satisfait de la coopération au niveau de la planification des offensives, et de l’identification des objectifs. Même satisfecit au niveau de la communication en cours d’opération. Chaque ville reprise à Boko Haram côté Nigeria est une bouffée d’oxygène pour le Cameroun. Les insurgés ne mènent plus d’offensives en territoire camerounais.

En revanche, leurs kamikazes parviennent encore à mener des intrusions pour des opérations. La dernière en date est un double attentat suicide mené par deux femmes, a fait une vingtaine de morts sur un marché vendredi dernier.

Webdoc RFI. Sur les traces de Boko Haram : Cameroun, la terreur aux frontières