Tchad: la journée ville morte contre Idriss Déby largement suivie

Le président du Tchad Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 25 ans, veut briguer un cinquième mandat.
© MIGUEL MEDINA / AFP

L’appel à la journée ville morte de la coalition « Ça suffit » a été largement suivi dans différentes villes du pays, mercredi. Les associations entendaient empêcher le président Idriss Déby de briguer un cinquième mandat lors de la présidentielle du 10 avril prochain. A Ndjamena, les commerces et marchés ont été paralysés. L’administration a ouvert, mais a tourné au ralenti.

Ndjamena, la capitale tchadienne, avait des allures de jours fériés mercredi matin. Les marchés, échoppes, écoles étaient fermés. Il n’y avait pas beaucoup de transports, les rues étaient plutôt désertes.

Les Ndjaménois qui aspirent au départ d’Idriss Déby Itno sont restés chez eux : « Trop c’est trop, on n’en veut plus ! S’exclame ce Tchadien. Ce régime ne rend pas service. Si les Tchadiens avaient été comme d’autres peuples qui traversent pour aller en Occident, en Europe pour un avenir meilleur, on l’aurait fait. On en a marre de ce régime, nous sommes fatigués. Aujourd’hui, on ne veut pas aller aux élections comme les partis politiques nous le disent, on ne veut pas des élections. On veut un départ, on organise des élections après. Nous voulons des vrais élections sans Déby. »

Ceux qui ne sont pas du même avis se sont rendus au travail, même s’ils n’étaient pas nombreux. « Moi, je me lève le matin, chaque jour je vais chercher mon pain, le pain de mes enfants. Donc pourquoi je suivrais le mot d’ordre de la ville morte ? Cela ne me concerne pas du tout, estime ce Ndjaménois. Si l’autorité vous interdit quelque chose, pourquoi insister ? Moi je dis, ce n’est pas mon problème. On n’a vraiment pas les mêmes problèmes. »

Une chose est sûre, la société civile vient de montrer qu’elle peut mobiliser contrairement à l’opposition qui n’a pas réussi à faire sortir la foule pour sa marche pacifique de mardi, interdite par les autorités.