Afrique du Sud: procès historique sur des violences commises durant l’apartheid

La famille de Nokuthula Simelane, assassinée en 1983, assiste au procès des assassins présumés qui s'est ouvert ce vendredi matin à Pretoria.
© RFI/Alexandra Brangeon

En Afrique du Sud, vingt ans après la fin de l’apartheid, s’ouvre ce vendredi 26 février un procès historique, celui des violences commises durant ce régime. Quatre anciens policiers, accusés d’avoir kidnappé et tué une jeune femme, membre de la branche armée de l’ANC, doivent comparaître devant la justice. Cela fait des années que la famille de la jeune femme pousse pour l’ouverture de ce procès.

Septembre 1983, Nokuthula Simelane est kidnappée, torturée et assassinée par une unité spéciale de la police. Son corps ne sera jamais retrouvé. Après l’apartheid, plusieurs policiers avouent une partie du crime devant la Commission vérité et réconciliation mise en place par le président Nelson Mandela. En échange, ils reçoivent une amnistie. Depuis la famille de Nokuthula se bat pour obtenir justice.

Pour Thembi, sœur de la victime, l’ouverture du procès ce vendredi est une première victoire. « J’espère qu’aucune mère n’aura jamais à vivre ce que ma mère a vécu. Et parce qu’il s’agit d’une première inculpation, j’espère que toutes les 300 autres familles n’auront pas à se battre comme nous l’avons fait pour obtenir justice. J’espère que ce cas va permettre de débloquer tous les dossiers qui sont entassés dans des cartons dans le bureau du procureur et qui sont classés affaires non résolues », a-t-elle dit, car sa famille n’est pas seule à réclamer justice.

Au total, la Commission a recommandé des poursuites dans plus de 300 affaires contre plusieurs milliers de personnes n’ayant pas bénéficié d'amnistie. A ce jour, seule une poignée de cas a été traitée et les familles, amères, accusent le gouvernement de les avoir oubliées au nom de la réconciliation nationale. La décision de poursuivre ces quatre anciens policiers est donc historique pour le pays et pourrait ouvrir la porte à de nombreuses autres poursuites judiciaires.