Burundi: la délégation de l'UA est à pied d'œuvre

C'est dans un climat de tension que la délégation de l'Union africaine a entamé sa mission de bons offices, après la visite de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, au Burundi (Bujumbura début février 2016)..
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

L'offensive diplomatique se poursuit au Burundi. Après Ban Ki-moon mardi, cinq dirigeants africains sont sur place, à Bujumbura dépêchés par l'Union africaine. Les présidents sud-africain, mauritanien, sénégalais, gabonais et le Premier ministre éthiopien vont eux aussi tenter de relancer le dialogue politique alors que la crise s'enlise autour de la question du 3ème mandat du président Nkurunziza.  

Ce jeudi 25 février, à la mi-journée, la délégation se trouvait à l'hôtel Outlook de Bujumbura pour y rencontrer les partis politiques : le CNDD-FDD au pouvoir, le FNL d'Agathon Rwasa, désormais vice-président de l'Assemblée nationale et ce qui reste l'opposition interne, à savoir l'Uprona de Charles Nditije, et le Frodebu, sachant que l'immense majorité de cette opposition se trouve en exil. Mais à 15h45 (heure locale) cette rencontre n'avait pas débuté.

Dans la matinée un certain flou entourait le programme de la visite mais les choses semblaient se préciser au fil des heures. Après les partis politiques, la délégation devrait rencontrer des représentants religieux, puis de la société civile et la CNDI, la commission chargée du dialogue interne [Commission Nationale de Dialogue Interburundais]. Enfin, une rencontre avec le président Nkurunziza est prévue à 18h, suivie d'un banquet d'Etat. Mais, au rythme où vont les choses, ce programme pourrait ne pas être respecté.

Hommages à Louis Rwagasore et Melchior Ndadaye

Rien n'a filtré encore sur la nature des échanges, mais hier soir, mercredi, le porte-parole du Cnared, la principale plateforme d'opposition était très sceptique sur les chances de réussite de l'Union africaine alors qu'à ses yeux, les Nations unies n'ont rien obtenu. Le Cnared regrette aussi que l'option d'un déploiement militaire de l'Union africaine ne soit plus sur la table, pointant une fois de plus le risque de guerre civile.

Ce matin la délégation de l'Union africaine a d'ailleurs débuté sa visite par ce geste très symbolique : déposer des fleurs sur les mausolées de deux héros burundais, le prince Louis Rwagasore, père de l'indépendance et Melchior Ndadaye premier président démocratiquement élu. Deux figures de l'unité de la nation burundaise, unité aujourd'hui pour le moins menacée.