«Dans ma tête un rond-point»: paroles d'Algériens lambda au cinéma

Photo issue du film documentaire «Dans ma tête un rond-point», de Hassen Ferhani.
© Les Films de l'Atalante

Un documentaire époustouflant nous arrive d'Algérie au cinéma. Son titre «Dans ma tête un rond-point». Son auteur, Hassen Ferhani, a posé sa caméra pendant deux mois durant dans un abattoir de la capitale algérienne, auprès des travailleurs qui s'y activent chaque jour. Jusqu'à capter leur parole.

A quoi pensent les Algériens ? A quoi rêvent-ils ? Quels sont leurs espoirs, contrariés ou pas ? Pendant deux mois, jours et nuit, Hassen Ferhani a filmé la vie des ouvriers d’un abattoir d'Alger. A force de patience et de discrétion, il réussit à capter ce que l’on ne voit jamais au cinéma.

Devant sa caméra attentive, ces « forçats du coutelas » se livrent soudain. Ils parlent d’amour, du footballeur français Karim Benzema qui ne chante pas La Marseillaise, ou de ce dilemme si contemporain autour de la Méditerranée : tenter la traversée, ou pas ?

La puissance de la parole d'un seul homme

« Il y a du désenchantement, il y a aussi du rêve, l'envie de s'évader... Youssef se pose la question de partir. En fait, toute l'idée, c'était aussi de les montrer en relief, que ce ne soit pas figé. Un jour, ils pensent de cette manière, puis un autre jour ils sont dans d'autres réflexions », décrypte Hassen Ferhani.

Le titre du film, c’est un jeune ouvrier qui l’a inspiré. « Dans ma tête, dit-il, il y a un rond-point avec quatre-vingt-dix-neuf chemins. Mais je ne sais pas lequel prendre. » Et c'est comme si la phrase d’un seul homme venait soudain résumer le mal-être de tout un peuple.