Sahara occidental: le Maroc suspend ses relations avec l'Union européenne

Le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane, le 5 septembre 2015.
© FADEL SENNA / AFP

Le Maroc met la pression sur l'Union européenne. Jeudi 25 février, le gouvernement a annoncé la rupture de tout contact avec les institutions de Bruxelles. C'est la conséquence d'un regain de tension entre Rabat et l'Europe datant du mois de décembre, après que la justice européenne avait annulé un accord de libre-échange conclu avec le Maroc. Cet accord incluait le Sahara occidental, cette ancienne colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

C'est le Premier ministre Abdelilah Benkirane qui l'a annoncé au début du Conseil du gouvernement, jeudi 25 février à Rabat : le Maroc « suspend tout contact » avec l'Union européenne.

Une décision spectaculaire, mais attendue depuis le mois de décembre, quand la justice européenne avait annulé un accord entre l'Europe et le Maroc sur la libéralisation des échanges en matière agricoles et de pêche. C'est le motif de cette annulation qui avait, à l'époque, fortement irrité les autorités marocaines. Car cet accord s'étendait aux produits provenant du Sahara occidental.

Le Premier ministre marocain a donc également informé le représentant de l'UE à Rabat que son gouvernement rejetait catégoriquement, « le caractère hautement politique et contraire au droit international » de la décision de la justice européenne, et donc qu'il interrompait tout contact avec les Européens, en attendant des explications.

Cette rupture intervient pourtant alors que des pays membres de l'UE avaient fait appel du jugement controversé, pour ne pas se brouiller avec un allié précieux dans la lutte anti-terroriste.

Mais, selon le site Internet du parti au pouvoir, le Maroc a estimé que, dans les discussions, les services juridiques européens ne s'étaient pas montrés très « coopératifs ».