En RDC, Ban Ki-moon appelle les acteurs politiques à dialoguer

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le président congolais Joseph Kabila, le 24 février 2016, à Kinshasa.
© JUNIOR KANNAH / AFP

Le secrétaire général des Nations unies a achevé sa visite en RDC. Il s'est envolé ce jeudi matin pour Juba, au Soudan du Sud. Mercredi, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Le président Kabila bien sûr, mais aussi la majorité, l'opposition et la société civile.

En visite à Kinshasa, mercredi, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Il les a appelés à s'engager dans un dialogue inclusif dans le respect de la Constitution et à adopter un calendrier consensuel pour les élections. « J’ai eu la chance de rencontrer le président Kabila, les responsables du Parlement, des représentants de l’opposition et de la société civile. Je les appelle à s’engager de manière constructive dans un dialogue politique, je leur ai rappelé qu’il fallait mettre les intérêts de la population au centre des discussions, a expliqué le secrétaire général de l’ONU. Je les ai exhortés à travailler à un processus électoral inclusif et crédible dans le respect de la Constitution. »

Restriction de l'espace démocratique

Il a également exprimé sa préoccupation quant au processus électoral. « Les retards dans le processus électoral m’inquiètent et cela augmente les tensions politiques relatives à une possibilité d’un troisième mandat du président Kabila. J’ai continué d’encourager les acteurs politiques à se mettre d’accord sur un calendrier électoral consensuel », a indiqué le secrétaire général des Nations unies.

Ban Ki-moon a par ailleurs fait part de sa préoccupation quant à la restriction de l'espace démocratique et a appelé au respect des libertés publiques dans le pays. « Je suis également inquiet de la restriction croissante de l’espace démocratique et en particulier le fait que les membres de l’opposition, des médias et de la société civile sont ciblés. Les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont essentielles à une vie politique dynamique et à un processus démocratique », a-t-il déclaré.

« S'il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir »

Lors de la conférence de presse, il a également été interrogé sur les enjeux auxquels le continent africain fait face. « L'an dernier, lors du sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine, j'ai soulevé ce problème. J'ai dit : s'il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et écoutez ce que vous dit votre population. Ecoutez attentivement quelles sont leurs difficultés, leurs aspirations. Mais quand la fin de votre mandat constitutionnel arrive, s'il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir, a-t-il rappelé. Il faut une bonne gouvernance. Pas de corruption, pas d'impunité. Il faut l'Etat de droit, rendre des comptes et être transparent. »

Et d'ajouter : « L'Afrique regorge de richesses en ressources naturelles, en ressources humaines. Mais comment sont utilisées ces ressources, cela dépend de la classe dirigeante. Les dirigeants doivent montrer l'exemple, avoir une conduite exemplaire, s'assurer que cela permet d'accélérer le développement économique et social. C'est l'un des messages que j'ai répété à de multiples reprises en tant que secrétaire général. C'est ce que j'ai dit l'an dernier et répété cette année. Et il y a eu des applaudissements nourris de la part des délégations ».

Le secrétaire général des Nations unies sera ce jeudi à Juba, où il rencontrera le président sud-soudanais Salva Kiir et visitera un camp de déplacés de l'ONU.