La délégation de l'UA quitte le Burundi après sa rencontre avec Nkurunziza

Le président Jacob Zuma, à l'issue de la rencontre entre la délégation de l'UA et le président burundais Pierre Nkurunziza, a annoncé que les résultats de cette réunion serait divulgué samedi 27 février 2016.
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Pour le moment, rien n’a filtré sur l'issue de la rencontre qui s'est tenue vendredi après-midi à Bujumbura entre le président burundais et la délégation dépêchée par l'Union africaine pour tenter de débloquer la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis 10 mois. Le président sud-africain Jacob Zuma a indiqué que « les résultats atteints » ne seraient divulgués que ce samedi.

Seule réaction pour le moment, celle de Willy Nyamitwe, le chargé de la communication du président burundais. Il salue « une bonne réunion, entre frères », et estime que « les résultats sont satisfaisants » sans plus de précision. Le site de la présidence sud-africaine parle, lui, de « succès ».

Les discussions ont en tout cas duré plus de quatre heures et, aussitôt après, les différentes délégations de l'Union africaine ont pris la direction de l'aéroport, à l'exception de Jacob Zuma resté au Burundi sans que l'on sache exactement pourquoi. Cette réunion avait été plusieurs fois reportée au cours de la visite. Ce matin encore, par exemple, pour permettre à l'ancien président burundais Domitien Ndayizeye de rencontrer la délégation.

La veille, les chefs d'Etat et de gouvernement avaient également réuni autour d'une même table des responsables de partis politiques, une douzaine côté majorité et seulement deux côté opposition : les leaders du Frodebu et de l'Uprona, rares représentants de cette opposition à ne pas être en exil.

Ces derniers ont une nouvelle fois insisté sur la nécessité d'organiser un dialogue à l'étranger, sous médiation internationale et incluant toutes les parties prenantes à la crise. Jeudi soir, certains estimaient avoir été entendus, d'autres non.

Mais pour le président du Frodebu, Léonce Ngendakumana, le fait de voir cinq chefs d'Etats en provenance de toutes les régions du continent africain est déjà un succès. « C'est que l'Afrique a compris, dit-il, combien cette crise était profonde et pouvait avoir des conséquences catastrophiques pour la région des Grands Lacs. »    

Au cours des discussions, il a également été question de la force militaire de l'Union africaine un temps évoquée, mais on ignore à ce stade si son éventuel déploiement pourrait revenir à l'ordre du jour.

Avec cette crise, nous devons adopter une voie de solution. Cette voie de solution, c’est le dialogue. Nous avons encore un long chemin à faire. Pour y arriver, il faut la volonté de tous. Il faut un grand dialogue, il faut en parler, il faut éviter que le Burundi soit divisé militairement, soit divisé politiquement. Il faut que nos amis sachent bien qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas en guerre.
Domitien Ndayizeye
27-02-2016 - Par Laetitia Bezain