Mali: visite du chef d'Etat-major de la Minusma à Kidal

Askari wa Minusma wakipiga doria katika mji wa Kidal, Julai 23, 2015.
© REUTERS/Adama Diarra

Au Mali, il y a deux semaines aujourd'hui, le camp des Nations unies à Kidal subissait la pire attaque qu'il ait jamais essuyé. Sept Casques bleus avaient été tués et une cinquantaine blessés. C'est dans ce contexte que le chef d'Etat-major de la force onusienne s'est rendu à Kidal pour soutenir et encourager les soldats en poste à Kidal, et pour faire la lumière sur le déroulé de cette attaque, plus complexe que les précédentes.

La porte sud du camp de Kidal était endommagée depuis des semaines. Le camion kamikaze, qui s'est fait exploser à l'intérieur du camp, n'a même pas eu besoin d'en forcer l'entrée. Maquillé à la façon d'une benne à ordures, le camion stationné devant le camp n'a d'abord suscité aucune inquiétude.

Blindé artisanalement avec des plaques récupérées sur un véhicule de l'armée malienne, il n'a ensuite pas pu être stoppé par les tirs nourris des Casques bleus, déjà fragilisés par les douze obus de mortiers qui venaient de s'abattre sur le camp. Le tout en moins de quinze minutes.

Le général Hervé Gomart est le chef d'Etat-major de la force onusienne. « Les terroristes donnent l’impression de renforcer un petit peu leur savoir-faire, d’adapter leurs actions à nos modes d’action. On a des mines et des IED (engin explosif improvisé) qui deviennent de plus en plus complexes, techniquement. Et ensuite l’attaque contre le camp de Kidal était une attaque complexe, une véritable préparation d’opération terroriste. »

Aussi le général Gomart affiche-t-il sa détermination à contrer ces attaques. Il évoque aussi un manque de moyens matériels. « Il faut qu’on soit plus présent dehors, plus mobiles, qu’ils ne sachent pas où est la force, où sont les différents bataillons, où sont les patrouilles, où sont les armes. Il faut qu’on sème le doute chez les terroristes, insiste-t-il. On a pas tous les moyens. On manque cruellement de véhicules blindés pour protéger nos personnels. Compte tenu de la forte menace IED-mines, il est important qu’on ait des moyens supplémentaires. »

Des failles dans le dispositif de surveillance du camp de Kidal, notamment dans l'enregistrement des images, sont enfin pointées du doigt.