RDC: l’armée nie la répression sanglante de candidats à la démobilisation

Des soldats congolais en patrouille, dans l'est du pays (photo d'illustration).
© AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Que se passe-t-il sur la base militaire de Kitona, dans le Bas-Congo ? Plusieurs sources parlent d'une répression sanglante de la révolte de candidats à la démobilisation venus des différents groupes armés de l'Est et de l’ex-province du Katanga. Les faits se sont produits dans la journée et la nuit de mercredi. Mais le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo dément cette information. Un peu plus de 2 000 candidats au processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) sont localisés dans cette base, qui héberge également un centre d’instruction militaire.

Tout serait parti de la découverte mercredi d’un cadavre enterré à la sauvette, sans linceul ni cercueil. Outre l’impact d’une balle derrière l’oreille, le corps exhumé portait également des traces de coups de baïonnette, rapportent des sources dans le Bas-Congo.

Selon les mêmes sources, après avoir identifié le défunt comme étant l’un des leurs, les candidats au processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) se sont alors tournés vers leurs encadreurs pour exiger l’ouverture d’une enquête. Ce décès paraissait suspect à leurs yeux.

Des morts et des blessés, selon les candidats au DDR

Ils se sont heurtés à un refus catégorique de la hiérarchie selon les mêmes sources, qui rapportent également que devant l’insistance de la foule, la police militaire et les recrues ont alors été mis à contribution pour mater ce qui ressemblait désormais à une révolte. En débandade, les « rendus », comme on appelle les candidats au DDR, ont alors gagné la brousse, d’après d’autres explications obtenues du Bureau des droits humains du Bas-Congo.

On parle de morts et de blessés ; des bâches, des matelas et autres biens, destinés au DDR, auraient été emportés. Pour le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), il ne s’est rien passé à la base militaire de Kitona. Tout est calme, a expliqué le général Léon Richard Kasonga.