La communauté internationale réagit à la condamnation des militants de la Lucha

A l’extérieur du tribunal de Goma, de jeunes militants se sont rassemblés pour soutenir leurs camarades avec des pancartes « Free Lucha », le 22 février 2016.
© RFI/Sonia Rolley

La communauté internationale se dit à nouveau préoccupée par la restriction de l'espace politique et les atteintes aux libertés publiques en République démocratique du Congo après la condamnation de six militants de Lucha, le mouvement citoyen, à deux années de prison ferme pour avoir écrit des affiches appelant à lutter pour la démocratie, l'alternance et le respect des délais constitutionnels. Une condamnation qui est tombé en pleine visite du secrétaire général des Nations unies. Tour d'horizon des réactions.

Cécile Pouilly
26-02-2016 - Par Florence Morice

C'est le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme qui a été le premier à réagir. « Ce verdict révèle l'instrumentalisation de la justice congolaise dans la répression des droits constitutionnels », a dit son directeur José Maria Aranaz.

Paris, Bruxelles et Washington ont emboité le pas en faisant part de leur préoccupation suite à cette condamnation. Pour le Quai d'Orsay, « il est essentiel que la société civile puisse prendre part à un débat démocratique serein et que les responsables politiques ne subissent pas d'entraves dans leurs activités ». Pour la Belgique, « l'expression libre d'opinions divergentes est une condition nécessaire à l'avènement d'un dialogue permettant d'avancer sur la voie d'élections apaisées ». Paris et Bruxelles appellent les autorités à respecter les libertés publiques et leurs engagements internationaux.

Washington, par la voix de son envoyé spécial, pour les Grands Lacs se dit profondément déçu de cette condamnation. « Je pense que les réactions excessives de ce genre sont certainement vues comme une faiblesse et non pas comme une force », a estimé Tom Perriello ajoutant que la criminalisation de l'opposition légitime ne pouvait qu'entrainer une radicalisation que ni le gouvernement, ni l'opposition ne peuvent souhaiter.

Pour ce qui est de l'Union européenne, qui a appelé à un dialogue en RDC avec l'Union africaine, les Nations unies et l'OIF, un porte-parole se contente de rappeler qu' « un dialogue ne peut porter des fruits si le droit de s'exprimer librement et d'une façon responsable est respecté. »

Lambert Mendé
26-02-2016 - Par Anne Cantener

Face à ces réactions, le porte-parole du gouvernement congolais dénonce du néocolonialisme. « Nous trouvons surprenant et même scandaleux que des gouvernements étrangers qui ont le plus grand respect pour leurs propres institutions judiciaires se permettent de montrer un tel mépris pour celles de la RDC », s'est indigné Lambert Mendé.