Burundi: davantage d’observateurs militaires et des droits de l’homme de l’UA

Le président sud-africain Jacob Zuma (G), chef de la délégation dépêchée par l'UA à Bujumbura, a été reçu par le président burundais Pierre Nkurunziza (D), le 25 février 2016.
© STRINGER / AFP

Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza a reçu les membres de la délégation envoyés à Bujumbura par l’Union africaine (UA) les 25 et 26 février. Pendant deux jours, les chefs d’Etat du Gabon, Sénégal, Mauritanie et Afrique du Sud ainsi que le Premier ministre éthiopien se sont efforcés de convaincre Pierre Nkurunziza de renouer le dialogue avec ses opposants que le pouvoir burundais qualifie de «putschistes». Ils ont obtenu le renforcement des experts militaires et des observateurs des droits de l'homme de l'UA, dans le pays, selon un communiqué de la délégation de l’Union africaine.

Après deux jours de consultation avec « tous les acteurs burundais », les quatre chefs d’Etat africains ainsi que le Premier ministre éthiopien, ont d’abord « exprimé leurs inquiétudes face aux niveaux de violence et à l’instabilité dans laquelle se trouve le Burundi » et proposent leurs solutions de sortie de crise.

Comme le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui les a précédés de quelques jours, ils demandent au médiateur ougandais d’organiser, rapidement, une nouvelle session du dialogue, mais un dialogue inclusif ouvert à « tous les acteurs importants de la crise ». Une formulation plutôt vague alors que l'un de leurs principaux  objectifs était de convaincre Bujumbura d’accepter un dialogue ouvert à toutes les parties.

Ils annoncent également que les observateurs des droits de l’homme et les experts militaires de l’Union africaine déployés au Burundi vont être portés respectivement à 100. Par ailleurs, la délégation demande à la Communauté internationale de reprendre son aide au Burundi.

Le Burundi publie son propre communiqué

Un peu plus tôt dans la matinée, et c'est plutôt inhabituel, le gouvernement burundais avait publié de son côté son propre communiqué final, signé par le chef de la diplomatie burundaise. Une façon de couper l’herbe sous le pied de la délégation de haut niveau.

Sur la question cruciale du dialogue inclusif, Bujumbura reste ferme sur sa position : pas question de dialoguer avec les acteurs qualifiés de « non pacifiques » par le pouvoir, ce qui élimine, à ses yeux, la principale plateforme d’opposition, le Cnared [Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et de l'Etat de droit au Burundi], que Bujumbura accuse d’être derrière les violences. Et pour cela, le gouvernement burundais a un argument de poids. Il met en avant la résolution 2048 de l’ONU qui dit exactement la même chose.

Enfin, le pouvoir de Pierre Nkurunziza, qui a accusé une nouvelle fois le Rwanda voisin d’entraîner et d’armer les réfugiés burundais pour déstabiliser ce pays, explique que les observateurs des droits de l’homme et les experts militaires qui sont donc déployés au Burundi, seront, entre autres, chargés de surveiller la frontière avec le Rwanda.