Libye: les Toubous tchadiens en renfort dans la lutte contre l'organisation Etat islamique

Point de contrôle routier à l'ouest de Syrte, en Libye, le 23 févirer 2016.
© REUTERS/Ismail Zitouny

En Libye, l'organisation Etat islamique a été bousculée sur plusieurs fronts cette semaine : à Benghazi dans l'est et à Sebratha d'où elle a été chassée du centre-ville qu'elle avait pris quelques heures. Mais dans son bastion libyen, l'EI est toujours présent et menace le croissant pétrolier à l'est et également le sud libyen avec tous ses trafics lucratifs. Les brigages toubous tchadiennes se sont jointes à la bataille contre l'expansion de l'organisation EI.

Pour contrer l'organisation EI, des miliciens de «Fajr Libya», la coalition dominée par les brigades de Misrata et qui soutient le gouvernement non reconnu de Tripoli, se sont stationnées 200 km au sud de la ville côtière. Et ils ont noué une alliance inattendue, avec des brigades touboues, originaires du Tchad.

La présence de ces dernières, si loin de leur base, étonne. Ces Toubous ont quitté le Tchad après avoir tenté en vain de renverser le régime d'Idriss Deby en 2008 sous la bannière du mouvement politico-militaire UFDD. Après un exil au Soudan, ils prennent part à la révolution contre Kadhafi avec leurs frères toubous libyens.

Mais lorsqu'en 2012, un conflit sanglant éclate entre des Toubous et les tribus arabes dans la capitale du sud libyen, Sebha, les milices de Misrata qui servent de force d'interposition, demandent à ces Toubous du Tchad de se démobiliser puis de se rendre à Jufra.

Les 1200 Toubous rejoignent en février 2015 ce désert au sud de Syrte pour répondre à une nouvelle urgence. « Aujourd’hui, le seul souci est de savoir comment contenir l’Etat islamique, explique à RFI, Mahamat Mahdi Ali secrétaire général du mouvement UFDD. Nous sommes en quelque sorte un rempart contre ces gens-là dans leur progression vers le sud. Si nous avons la possibilité d’aider les Libyens à recouvrer la paix dans leur pays, on peut jouer ce rôle, on veut jouer ce rôle-là ».

Même s'il est débauché par Misrata, qui soutient le gouvernement de Tripoli contre celui de Tobrouk, l'UFDD assure ne pas vouloir entrer dans le conflit entre ces deux autorités rivales. Ce n'est qu'une étape, dit Mahamat Mahdi Ali avant d'engager leur lutte politique au Tchad.