Présidentielle au Niger: l'épineuse question de la détention de Hama Amadou

Des jeunes supporters de Hama Amadou lors d'un rassemblement, le 18 février 2016.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le 20 mars prochain se déroulera au Niger le second tour de l’élection présidentielle. Il confrontera le président sortant Mahamadou Issoufou, arrivé en tête au premier tour, au candidat de l’opposition, Hama Amadou. Mais ce dernier est toujours en prison. Une situation juridiquement problématique. Alors quelles sont ses chances d‘être remis en liberté et de faire campagne sur le terrain ?

Plusieurs spécialistes des questions juridiques estiment que, pour l’instant du moins, il n’y a pas d’issue, juridiquement parlant, à la situation du candidat Hama Amadou. Les chances pour ce dernier de se voir de sitôt mis en liberté provisoire pour battre campagne semblent ténues.

Déjà au premier tour, répondant à une dizaine de députés, la Cour constitutionnelle avait déclaré ne pas être compétente pour enjoindre au juge pénal de mettre le candidat détenu Hama Amadou en liberté. Abondant dans le même sens, la Cour de la Cédéao avait également ordonné la continuation de la procédure judiciaire.

Au vu de ses nouvelles prouesses électorales, son sort va-t-il changer ? Là également, certains magistrats contactés par téléphone, répondent que « la seule issue qui s’offre à lui est de comparaître devant un juge. »

« Aucun juge ne peut libérer un détenu sans une requête signée en bonne et due forme par ses avocats », précise-t-on. Or les avocats de Hama Amadou avaient déclaré qu’ils ne réclameraient plus la mise en liberté provisoire de leur client, jugeant l’affaire « politique ».

Une autre alternative qui se présente au candidat Hama Amadou dans l’immédiat, est, dit-on, de changer d’avocat. Ainsi donc, la nouvelle défense pourra déposer une nouvelle requête auprès du juge, qui pourrait l’apprécier dans un délai de 38 jours, selon l’article 548 du Code de procédure pénal.