Mali: situation apaisée à Kidal, un mois après l'incursion du Gatia en ville

Un drapeau du MNLA, dans les rues de Kidal, en 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Au Mali, cela fait bientôt un mois que les combattants du Gatia, groupe armé pro-Bamako, sont entrés à Kidal. Une intrusion dans le fief des ex-rebelles de la CMA, qui contrôlent toujours la ville et qui n'avait pas du tout apprécié ce coup de force. Un arrangement avait finalement été trouvé sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré et aujourd'hui la situation est incontestablement apaisée.

Le Gatia est membre de la Plateforme pro-Etat malien. La Coordination des mouvements de l'Azawad, la CMA, est l'ex-rébellion indépendantiste, dont Kidal est le fief. Après avoir dénoncé l'intrusion du Gatia et exigé que ses combattants quittent la ville, la CMA a finalement accepté un retrait partiel de ses combattants, c'était le 6 février. Les habitants de Kidal témoignent du calme qui règne depuis dans la ville.

« Nous sommes très contents parce que ce sont des Touaregs, se félicite un homme. Nos frères étaient vers là, ils sont revenus, se sont rassemblés, nous sommes très contents. Aucune tension, Dieu merci. Le même quotidien qu’avant. D’autres vont en ville, ils reviennent, ils vont en brousse. Normal. »

« Il pourrait y avoir une tension si le Gatia était venu en tant que Mali. Mais le Gatia est venu en tant que tamasheq touareg chez des frères, là la tension n’est pas possible, estime un autre habitant. Ils ne sont pas chez quelqu’un. Ils sont dans leur propre maison, ici chez eux. »

Un troisième considère que « ça se passe bien ». « Je vois des gens qui se rencontrent, se saluent, qui rient ensemble, qui partagent tout ensemble, assure-t-il. Au début, quand le Gatia est rentré, c’était un peu tendu, oui. Parce qu’il y avait des arguments ici ou là. Mais Dieu merci, c’est quelque chose qui est déjà acquis. C’est tranquille. »

Conformément aux accords intercommunautaires signés à Anéfis, la CMA et la Plateforme administreront bientôt conjointement la ville de Kidal. En attendant le retour de l'administration malienne, prévu par l'accord de paix signé en juin dernier, et pour lequel aucune échéance n'a été fixée.