Ouganda: l'opposant Kizza Besigye sous pression et sous surveillance

Le leader de l’opposition ougandaise Kizza Besigye.
© AFP PHOTO / ISAAC KASAMANI

Plus d'une semaine après l'annonce des résultats de la présidentielle, la pression sur les opposants est toujours très forte. Les candidats qui souhaiteraient contester le résultat des élections ont jusqu'à mardi pour déposer leur dossier à la commission électorale. Les deux principaux opposants qui ont déclaré rejeter les résultats de ce scrutin sont privés de leur liberté de mouvement. Pour la première fois depuis 8 jours, Kizza Besigye a été autorisé à sortir de chez lui ce dimanche. Il s'est rendu à la messe, mais a très vite été de nouveau remis sous le contrôle de la police.

A la sortie de la messe surveillée de très près par la police, Kizza Besigye s'est exprimé sur son désir de liberté et de justice.

« Nous devons prier, nous devons travailler et se battre pour la justice, a-t-il lancé. Parce que c'est la justice qui garantit la stabilité. Aujourd'hui il n'y a pas de justice. Il n'y a pas que des injustices politiques mais une injustice générale : une injustice économique, une injustice sociale, une injustice culturelle. Et la justice ne vient pas d'elle-même. Il faut travailler pour l'obtenir, a martelé l’opposant. Nous devons nous sacrifier pour elle. Parce que sans justice le reste ne peut pas venir. Donc nous sommes engagés et déterminés à travailler et à nous battre pour la justice dans notre pays. »

Une liberté qui a été de courte durée. A peine est-il parti de l'église qu'il a été conduit au poste. Patrick Onyango, porte-parole de la police, explique qu'il n'a pas accepté de suivre l'itinéraire indiqué par les forces de l'ordre.

« Il a insisté, il voulait se rendre au marché de Kiseka. C'est l'endroit où toutes les manifestations commencent à Kampala. Donc nous avons dû l'amener ici. Il n'est pas en état d'arrestation. Il est seulement avec le commandant de police du district... Ils sont en train de parler. Ce sont juste des mesures préventives. Besigye est un homme libre », a-t-il assuré.

Il a été reconduit chez lui en fin d'après-midi sous escorte policière. Samedi, le candidat Mbabazi, qui souhaitait se rendre chez Kizza Besigye, avait lui aussi été ramené à son domicile par les forces de l'ordre.