Sénégal: interdiction d'un rassemblement des partisans du «non» au référendum

Macky Sall et l'avis du Conseil constitutionnel sont à la Une de la presse sénégalaise, le mercredi 17 février 2016.
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, un rassemblement des partisans du "Non" au référendum du 20 mars prochain a été interdit samedi 27 février. Cette manifestation était organisée par la Coalition « Jubanti Sénégal » (Redresser le Sénégal, en langue wolof), proche du Parti démocratique sénégalais(PDS), parti d’opposition qui rejette le projet de réforme de la Constitution.

Afin de justifier l’interdiction du rassemblement, le préfet de Dakar aurait notamment invoqué, selon les organisateurs, « des risques d’entraves à la libre circulation des personnes et des biens, des risques avérés d’infiltration par des individus mal intentionnés et des risques de troubles » à l'ordre public. « Faux », rétorque Ibrahima Dème, secrétaire général de la Coalition « Jubanti Sénégal ».

Suite à une décision du Conseil constitutionnel, le président sénégalais Macky Sall a annoncé, le 16 février, que le passage du septennat au quinquennat, prévu par cette réforme, ne s’appliquerait qu’à partir du prochain mandat présidentiel et qu’il irait donc jusqu’au bout de son mandat actuel en 2019.

Joint par RFI, Ibrahima Dème, secrétaire général de la Coalition, précise que la manifestation visait à appeler à voter contre précisément ce projet de réforme de la Constitution, lors du référendum prévu le 20 mars au Sénégal. Il rappelle également que le chef de l’Etat sénégalais avait promis cette réduction de mandat avec effet immédiat et qu’il s’est dédit après avoir décidé de suivre l’avis du Conseil constitutionnel selon lequel la réduction du mandat ne peut s’appliquer à celui en cours.

Le secrétaire général de la Coalition « Jubanti Sénégal » précise également que la démarche de ce rassemblement était plutôt d'expliquer aux citoyens le contenu de la réforme de la Constitution.

« On avait demandé à faire un sit-in pour éclaircir le peuple sur les 15 points que Macky Sall a posé pour le référendum, parce que nous avons trouvé que beaucoup de Sénégalais ne comprenaient pas les quinze points. On s’était dit aussi que l’on appelait le peuple et les partis politiques à venir se retrouver sur une place pour lancer un appel au vote du « non ». Nous allons faire du porte à porte et expliquer aux Sénégalais. Pour ceux qui n’ont pas leur carte d’identité, on va les aider à l’avoir. Pour ceux qui ne sont pas encore inscrits, on va les aider à s’inscrire. On va tout faire pour que tous les Sénégalais aient leur carte d’électeur et aillent voter pour le "non" », a insisté le secrétaire général de la Coalition « Jubanti Sénégal ».

De son côté, le parti au pouvoir, l'Alliance pour la République, a annoncé une série de consultations avec l'opposition et la société civile sur la tenue de ce référendum du 20 mars prochain.