Bénin: une lettre qui fait beaucoup de bruit à une semaine de la présidentielle

Le président français, François Hollande, a reçu à l'Elysée le président béninois, Boni Yayi, le 8 février 2016.
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Au Bénin, une lettre fait polémique, à une semaine du premier tour de l’élection présidentielle. Il s’agit de la lettre de l’ancien ambassadeur de France, à Cotonou, Jean-Paul Monchau. Il était en poste entre 2011 et 2013. Le diplomate, aujourd’hui à la retraite, a publié ce texte dans la presse, vendredi 26 février. Il s’intitule «A mes amis béninois». A quelques jours de la présidentielle – dimanche – c’est un pavé dans la mare. Contacté par RFI, il assume.

C’est un brûlot que Jean-Paul Monchau a adressé à la Nouvelle Tribune et à l’Evénement Précis. L’ex-ambassadeur de France au Bénin, désormais retraité, donne sa version sur son départ de Cotonou en 2013.

Si le président Boni Yayi avait demandé son rappel, c’est parce qu’il l’accusait d’être complice de Patrice Talon, homme d’affaires poursuivi pour une affaire de tentative présumée d’empoisonnement contre le chef de l’Etat et qui est maintenant candidat à la présidentielle.

Dans sa lettre, l’ancien diplomate donne aussi son avis sur la candidature de Lionel Zinsou. Il comprend ceux qui dénoncent le retour de la « Françafrique » et estime que son éventuelle élection risque de raviver les critiques contre la France.

Si ces propos ont suscité énormément de réactions depuis vendredi, beaucoup de lecteurs et d’internautes se demandent si Jean-Paul Monchau en est bien l’auteur, et certains y voient une machination orchestrée par Patrice Talon.

Contacté par RFI, l’ex-ambassadeur confirme que la lettre est bien de lui et dément avoir été instrumentalisé.

« J’ai rencontré monsieur Talon deux fois, pendant mon séjour au Bénin, dont une à la présidence, et je n’ai jamais eu depuis d’autres contacts avec lui », a-t-il confié.

Jean-Paul Monchau affirme que cette lettre n’engage que lui et qu’il l’a écrite pour laver son honneur. Il a envoyé une version, signée de sa main, aux deux journaux qui la publieront demain, mardi 1er mars.