Cameroun: le procès du correspondant de RFI Ahmed Abba renvoyé au 28 mars

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Le procès d’Ahmed Abba, l'un des correspondants en langue hausa de RFI, au Cameroun, s'est ouvert ce lundi 29 février au tribunal militaire de Yaoundé. Interpellé fin juillet 2015, Ahmed Abba est poursuivi pour « complicité d'acte de terrorisme et non-dénonciation d'acte de terrorisme ».

Les avocats d’Ahmed Abba s’opposent à l’accusation, d’entrée de jeu, sur des questions de forme. Quatre exceptions préalables ont été soulevées. Elles couvrent toute la période allant du 30 juin 2015, date de l’interpellation d’Ahmed, jusqu’à l’ouverture du procès, soit sept mois.

Dans une plaidoirie richement argumentée, Maître Charles Tchoungang a qualifié la détention d’Ahmed d’arbitraire et illégale, car n'ayant pas respecté les délais réglementaires en vigueur.

La défense s’est attardée sur le fait que durant trois mois, du 30 juin 2015 au 30 novembre 2015, Ahmed Abba a été détenu dans le secret total, sans aucune possibilité d’entrer en contact avec un membre de sa famille, de son avocat ou même d’un médecin. Cette période, pensent les avocats, aurait servi à une exploitation plutôt violente du suspect par divers actes de torture et de pression morale.

La défense a également estimé que le principe sacré de la présomption d’innocence avait été bafoué. Conclusion logique, selon les avocats : toutes ces entorses à la procédure ne peuvent induire que l’annulation pure et simple du procès.

Un peu pris au dépourvu, le Commissaire du gouvernement a estimé que les observations des avocats de la défense étaient impertinentes et a appelé à un renvoi du procès, sans doute pour mieux se pourvoir et produire, a-t-il ajouté, une liste de témoins et autres preuves à charge. L’affaire a finalement été renvoyée au 28 mars prochain.