Comores: l'opposition interdite de manifester, le gouvernement s'explique

Les forces de l'ordre sont intervenues lors de la manifestation organisée par l'opposition à Moroni, le 27 février.
© IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

Après le tour préliminaire des élections présidentielles il y a 8 jours, les résultats provisoires ont créé la polémique puisque des irrégularités ont été relevées. Une manifestation organisée par l'opposition, visant à les dénoncer a été empêchée samedi matin. Le grand perdant de ce scrutin, le député Fahmi Saïd Ibrahim a accusé les candidats au pouvoir non seulement de fraudes électorales mais d'utiliser les forces de l'ordre à leur convenance. Le ministre de l'Intérieur répond à ces accusations.

Le député Fahmi Saïd Ibrahim s'était étonné de la réaction du gouvernement qui a empêché une manifestation pourtant autorisée par la mairie de Moroni. Les forces de l'ordre déployées dans les rues avaient pour mission claire d'éviter tout rassemblement.

Abus de pouvoir pour les uns, question de sécurité pour les autres. C'est l'avis de Houmed Msaïdié, le ministre de l'Intérieur, toujours en lice dans ces élections au poste de vice-président. « Le maire de Moroni a fait signer une autorisation par le 3ème adjoint alors que l'autorisation de manifester est délivrée par le préfet, précise le ministre. On n'est pas ici dans la jungle. Les gens ne font pas ce qu'ils veulent. Ceux qui parlent d'atteinte aux libertés individuelles c'est eux qui portent atteinte à la sécurité du pays. »

Cette manifestation avait pour but de dénoncer les nombreuses irrégularités qualifiées formellement de fraudes par les candidats malheureux de ces élections. Un non-argument selon le ministre de l'Intérieur.

« C'est à la Cour constitutionnelle de dire s'il y a eu triche ou pas, non pas les envies des vaincus, estime-t-il. D'ailleurs beaucoup se sont déjà retirés : Saïd Larifou du parti Ridja a dit qu'on lui avait rien volé, et il y en aura d'autres. Des résultats qui se situent entre 19 et 14% comment on peut frauder ? Quand on fraude, on fraude réellement et non pas avec des marges aussi minimes. »

Le maire de la capitale Mohamed Daoud, qui était lui aussi candidat à la présidentielle et membre du groupe des protestataires, a décrété une opération « ville morte » pour ce lundi. Les écoles de Moroni seront fermées et la circulation devrait être compliquée.