Présidentielle au Bénin: l'importance du Nord

Les affiches de la campagne présidentielle 2016 à Parakou, le 29 février 2016.
© RFI/Carine Frenck

Les électeurs béninois auront l'embarras du choix : 33 candidats vont se disputer leurs suffrages… un véritable record. D’ordinaire le Nord s’unit derrière le président. Or cette fois-ci, c’est littéralement l’explosion avec une dizaine de candidatures. Au-delà d’Abdoulaye Bio Tchané, l’ancien patron Afrique du FMI, la plupart sont issues de la galaxie du président sortant Boni Yayi.

De notre envoyée spéciale à Parakou

Quand Boni Yayi a choisi comme dauphin son Premier ministre Lionel Zinsou, plusieurs caciques de la mouvance présidentielle ont opté la dissidence avec un dessein plus ou moins caché : barrer la route à Lionel Zinsou et se préserver un avenir politique dans un jeu en pleine recomposition.

C'est ainsi que Nassirou Bako-Arifari ancien ministre des Affaires étrangères, s’est porté candidat… Tout comme Issifou Kogui N’Douro, ancien ministre de la Défense, le député Chabi Sika, un des gardiens du temple de Boni Yayi à l’Assemblée nationale, et le général Robert Gbian, ancien directeur du cabinet militaire du président sortant. « La manière dont la candidature de Lionel Zinsou a été imposée a été vécue comme un parachutage », reconnaît un ancien ministre.

D’autres personnalités influentes de la galaxie Boni Yayi soutiennent d’autres candidats comme le député Rachidi Gbadamassi qui fait campagne pour Sébastien Ajavon. L’ancien ministre Saka Lafia a lui rejoint Patrice Talon.

Le Nord va-t-il suivre la consigne du président sortant ou bien les voix vont-elles s’éparpiller rendant impossible toute victoire au 1er tour. C'est l’un des grands enjeux de cette présidentielle.

 

Reportage à Parakou
29-02-2016 - Par Carine Frenk

Les affiches des candidats à la présidentielle sur les bords de la route, à Parakou, le 29 février 2016. © RFI/Carine Frenck