Mali: à Kidal, malaise persistant autour de la mort des journalistes de RFI

La route entre Gao et Kidal.
© AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Le 2 novembre 2013, nos collègues Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient enlevés à Kidal, puis assassinés par un commando lié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis, aucun des assassins n'a été retrouvé, aucune information n'apparaît et l'enquête est au point mort. Une étrange omerta entoure cette affaire à Kidal.

De l'incompréhension, mais aussi de la gêne et un certain malaise. Voilà ce que suscite, chez ces habitants de Kidal, le silence qui perdure autour de l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : « Je n’ose pas mettre ma bouche là-dedans ni mon pied. Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu. »

Même réponse d’un autre habitant de cette ville du nord du Mali : « Ça, c’est une question très difficile à répondre. Ce qui est arrivé, ça va être très difficile que quelqu’un de la population vous en parle. Ce n’est pas possible. Personne ne sait rien. » Pour cet homme, la réponse est peut-être à aller chercher du côté de l’armée française : « Est-ce que c’est possible que Serval puisse être dans cette ville avec tout l’équipement et tout le nécessaire qu’il faut [et ne sache rien] ? Si eux ne sont au courant de rien, comment un pauvre citoyen [saurait] ? En ce moment, chacun réfléchit à comment tu vas te réveiller chez toi demain matin. »

Une affaire devenue trop politique pour que les habitants de Kidal puissent s’exprimer librement sur ce qu’il s’est passé ce 2 novembre 2013. En France, il y a deux semaines, les autorités ont déclassifié une centaine de documents jusqu'ici secrets défense. Mais certains paragraphes ont été effacés, et 75 autres documents ont été jugés trop sensibles : ils resteront inaccessibles.