RCA: les grands chantiers qui attendent le nouveau président Touadéra

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le 12 février 2016, à Bangui.
© REUTERS/Siegfried Modola/Files

C'est désormais officiel : Faustin-Archange Touadéra est le nouveau président élu de la Centrafrique. La Cour constitutionnelle a confirmé sa victoire à l'élection présidentielle du 14 février. Tous les recours déposés pour faire annuler le scrutin ont été rejetés par la Cour. Le nouveau président centrafricain – qui est l'Invité Afrique de RFI ce mercredi 2 mars – peut désormais s'atteler à des chantiers d'envergure pour reconstruire un pays meurtri par trois ans de crise.

« Je serai le président de la réconciliation nationale et de la refondation nationale », a déclaré ce mardi le nouveau président centrafricain après le feu vert de la Cour constitutionnelle. A bientôt 59 ans, Faustin-Archange Touadéra aime à se présenter comme le visage de la stabilité dans un pays à l'histoire tourmentée. Car aujourd'hui, après des années de tensions, l'ancien Premier ministre de François Bozizé rassure.

« Croyez bien que je mesure le poids de la charge qui m'a été confiée », avait déclaré Faustin-Archange Touadéra au lendemain de la proclamation de sa victoire par la commission électorale. Mais la barre est haute et les chantiers nombreux pour remettre son pays sur pieds, après trois ans de crise meurtrière.

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La réconciliation nationale souhaitée par le nouveau président devrait passer, comme il l'a promis durant sa campagne, par l'organisation d'assises nationales pour renouer le dialogue intercommunautaire. Car pour M. Touadéra, « la paix et la sécurité sont les exigences premières de ses concitoyens ».

Plusieurs actions devront être menées en parallèle, expliquait-il récemment à RFI : la mise en oeuvre concrète d'un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des différents groupes armés et la refonte des forces de sécurité. Un défi à relever au plus vite, d'autant que la force française Sangaris doit être réduite de 900 à 300 hommes d'ici la fin de l'année.

Retour de près d'un million de déplacés

Démobiliser les hommes en armes, c'est aussi permettre le redéploiement de l'Etat sur l'ensemble du territoire. C'est surtout le préalable à un autre chantier prioritaire aux yeux du chef de l'Etat : le retour chez eux de quelques 450 000 déplacés internes et 450 000 réfugiés installés dans les pays voisins. 

Enfin, au niveau économique et social, le nouveau président a annoncé ce mardi vouloir d'abord plancher sur le redressement de l'école et la lutte contre la corruption. « La Centrafrique a besoin de l'aide internationale pour faire redémarrer son économie, mais il faut d'abord assainir les finances publiques et relancer les secteurs productifs pour avoir une base sur laquelle construire », soulignait-il entre les deux tours.

Mais avant son investiture qui devrait intervenir fin mars, Faustin-Archange Touadéra est tributaire du calendrier : législatives, validations, investiture... Il est forcé d'attendre un certain nombre d'étapes avant d'avoir les mains totalement libres pour gouverner.

La grande inconnue des législatives

Le 11 mars prochain, la Cour constitutionnelle se prononcera sur les résultats du premier tour des législatives. Ensuite, Faustin-Archange Touadéra devra attendre la tenue puis les résultats du second tour, dont on ne connait d'ailleurs toujours pas la date.

Même si une vingtaine de formations politiques le soutiennent, le futur président, n'a pas de parti, le KNK de François Bozizé l'ayant exclu quand il a présenté sa candidature à la présidentielle l'été dernier. Du coup, Faustin-Archange Touadéra est un peu obligé d'attendre l'issue des élections pour savoir ce que pèsent chacun de ses alliés à un moment ou les cartes sont rebattues dans le domaine politique. 

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Quelle sera le poids des élus indépendants qui pourraient former le premier bloc de la future Assemblée ? Que pèseront le RDC et l'URCA, les partis de Kolingba et de Dologuélé, dans le futur Parlement ? Il devra aussi tenir compte des ralliements d'entre-deux-tours : 23 des 28 perdants du premier tour de la présidentielle l'avaient soutenu.

Pour autant, Faustin-Archange Touadéra n'attend pas d'être investi pour commencer à travailler. Il a entamé une série de voyages informels dans la région. Après la Guinée équatoriale et le Tchad la semaine dernière, il était au Congo-Brazzaville lundi.

► Rendez-vous à 5h43 ce mercredi pour écouter l'interview de Faustin-Archange Touadéra sur l'antenne de RFI et dans Afrique midi, disponible dans la journée en podcast sur la page de l'Invité Afrique.