Comores: dépôts des derniers recours pour la présidentielle

Les électeurs attendent de voter pour l’élection présidentielle à Moroni, sur l'île de Grande Comore, le 21 février 2016.
© AFP/IBRAHIM YOUSSOUF

Aux Comores, dès l'annonce des résultats provisoires du tour primaire des élections présidentielles qui qualifie les trois candidats qui iront au second tour, de nombreuses protestations se sont fait entendre. Plusieurs irrégularités ont été constatées et une vingtaine de candidats, sur les 25 prétendants à la magistrature suprême, se sont rassemblés pour les dénoncer.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a mis 48 heures pour dévoiler les résultats provisoires de ce tour préliminaire et n'a pas utilisé pour ce faire le logiciel sécurisé homologué par l'Union européenne. Les décomptes des pictogrammes effectués dans les bureaux de vote ne correspondent pas aux chiffres reportés sur les procès-verbaux. Autant d'éléments qui poussent à la contestation les candidats à ce scrutin.

Surprise pour les uns, stratégie politique pour les autres, l'ancien président et candidat Azali Assoumani, arrivé troisième selon les résultats provisoires de la Céni, fait partie du groupe qui conteste ces résultats : « Les résultats ne sont pas encore définitifs. Je suis troisième, si je ne dis rien et que je finis cinquième ? Ce n'est pas à ce moment-là que je vais contester puisque ce sera trop tard. Et même si j'étais premier au deuxième, la façon dont ça s'est déroulé nous inquiète donc on a intérêt à en faire partie. On fait les pressions légales et possibles pour que ça se passe dans les normes : par exemple l'utilisation des moyens de l'Etat d'une façon arrogante, ce n’est plus possible. Et puis deux, il y a les structures. Les membres ont été désignés par celui-ci parce qu'il était président, celui-là parce qu'il était gouverneur, l'autre parce qu'il était vice-président. Et maintenant, il se trouve qu'ils sont candidats tous les trois. Nous allons essayer de négocier, de faire en sorte que cette structure soit vue pour que le second tour se passe dans de bonnes conditions ».

Les derniers recours ont pu être déposés à la Cour constitutionnelle jusqu'à ce mardi soir minuit.