Djibouti: un opposant accusé de corruption innocenté par un tribunal britannique

Abdourahman Boreh a été accusé de corruption par le gouvernement djiboutien après avoir reproché au président Guelleh de modifier la Constitution en 2010 pour pouvoir briguer un troisième mandat.
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L'opposant Abdourahman Boreh accusé de corruption par les autorités de Djibouti a été innocenté, ce mercredi 2 mars par un tribunal britannique. Il a rompu avec le président Ismaïl Omar Guelleh lorsque ce dernier a modifié la Constitution, en 2010, pour briguer un troisième mandat. Devant le tribunal, les avocats du gouvernement djiboutien l'ont accusé d'avoir détourné des millions de dollars destinés à la construction d'un terminal pétrolier à Doraleh, au sud de la capitale. Mais la Haute Cour a rejeté toutes ces accusations.

Les autorités djiboutiennes envisagent de faire appel de la décision d'un tribunal londonien qui vient de donner raison à cet homme d'affaires et opposant que le gouvernement accusait de corruption. La Haute Cour a blanchi Abdourahman Boreh (lien en anglais) après un long procès, le lavant de toute accusation.

Contacté par RFI, Abdourahman Boreh a largement salué cette décision de justice. « Je suis vraiment ravi de cette justice que nous avons, confie-t-il. Je pense que je ne pouvais pas avoir la même justice à Djibouti. » Une décision de justice qui ne le surprend pas, assure-t-il. « C'était prévu que je gagnerais parce que je savais que je n'ai rien fait de mal. Je n'étais pas impliqué dans cette corruption et toutes ces fausses accusations que le président [djiboutien ndlr] a amenées ici au tribunal anglais. »

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A ses yeux, il appartient désormais aux Djiboutiens de se prononcer sur leur président. « Je pense que c'est aujourd'hui au peuple djiboutien de donner son verdict sur Ismaïl Omar [Guelleh], même s'il les tue, même s'il utilise la force excessive, la torture, les humiliations, l'emprisonnement plus ou moins arbitraire. C'est une bonne opportunité pour le peuple djiboutien d'avoir le même courage que moi pour défendre leurs droits et leur dignité. »

Aujourd'hui, cet homme d'affaires se dit prêt à rentrer à Djibouti, mais seulement « si le gouvernement français et les Américains me donnent des garanties pour ma vie. Mais pas sans garantie, parce que je n'ai pas confiance en ce régime. »

S'exprimant par la voix d’un cabinet de conseil en communication londonien, le gouvernement djiboutien a fait connaître sa « déception extrême » ainsi que son « désaccord » avec les conclusions de la Cour.