Maisons compromettantes en RDC: les mis en cause démentent

Une vue aérienne partielle de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, RD Congo.
© Photo Monusco/Force

En RDC, suite de l'affaire des maisons de l’ONU et des ONG. Des maisons louées à deux commerçants régulièrement épinglés dans les rapports du groupe d'experts des Nations unies depuis 2009. Plusieurs ONG et agences onusiennes ont déménagé suite aux révélations de RFI. Et aujourd'hui, les avocats de Buganda Bagalwa et Manghe Namuhanda ont décidé d'écrire au Conseil de sécurité de l'ONU pour démentir les accusations dont ils font l'objet.

Les avocats des deux commerçants assurent que leurs clients ne savaient pas qu'ils étaient épinglés par le groupe d'experts des Nations unies. L'avocat de Buganda Bagalwa a écrit au Conseil de sécurité le 12 février dernier. Il dément que son client soit un trafiquant, qu'il ne serait pas un négociant habilité, pièces à l'appui. Mais ces pièces justificatives datent de 2015 et 2016 quand Buganda Bagalwa est cité dans les rapports de 2009, 2012 et 2014 comme n'ayant aucun document légal.

Nous cherchons les documents plus anciens, explique l'avocat. « Monsieur Buganda Bagalwa n'a jamais vu un seul membre des FDLR venir lui vendre de l'or », poursuit cette lettre, précisant que ce commerçant n'achetait que des minerais certifiés par les services de l'Etat et n'exportait rien lui-même. S’il est vu souvent à la frontière avec le Burundi, c'est parce qu'il va visiter son troupeau de bétails dans la plaine de la Ruzizi.

Manghe Namuhanda dément n'avoir jamais eu d'activités liées au commerce des minerais. Cette réputation viendrait d'un malentendu. Dans l'une de ses propriétés transformée en garage, des transporteurs venaient décharger et recharger leurs marchandises et notamment de l'or. Un négociant aurait installé une annexe dans la maison que tout le monde appelait « chez Manghe », d'où la confusion, selon son avocat. Dernier démenti : l'UNOPS et l'ARC n'auraient pas déménagé leurs bureaux suite aux révélations de RFI, mais pour des contraintes budgétaires.