Mali: une association porte plainte contre IBK pour haute trahison

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 janvier 2014 à Alger.
© REUTERS/Louafi Larbi

Pour la première fois au Mali, le président en exercice, Ibrahim Boubacar Keita, est visé par une plainte. Elle a été déposée mardi 1er mars par l'association Biprem (bloc d'intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali) auprès de la Haute Cour de justice du Mali. Le Biprem accuse le président malien de haute trahison et gestion scandaleuse de l'argent public.

Le Biprem ne revendique que 344 membres, mais l'association, fondée par des journalistes maliens, compte bien faire entendre son mécontentement avec cette plainte. Elle concerne notamment les différents scandales financiers qui ont émaillé la première moitié de mandat d'Ibrahim Boubacar Keita.

Ce regroupement associatif accuse le président malien de mauvaise gouvernance et demande à la Haute Cour de justice du Mali – chargée notamment de juger les présidents maliens – de le poursuivre.

« Nous avons porté plainte pour trahison et gestion scandaleuse de l’argent public. Cela concerne le scandale portant sur l’achat de l’avion présidentiel, l’affaire de l’engrais frelaté qui a défrayé la chronique, l’équipement de l’armée chiffré à plus de 21 milliards. Personne n’a été interpellé, personne n’a été jugé, aucun de ces scandales n’a été élucidé », regrette Bokary Dicko, directeur du journal Mali Demain et numéro deux du Biprem.

La majorité contre-attaque

Le député Oumar Mariko de Sadi, éternel opposant, qui s'était présenté contre IBK en 2013 avant d'appeler à voter pour lui au second tour, est venu apporter son soutien à la démarche. « Je ne suis pas associé à cette plainte ni à sa conception, mais je pense que les citoyens s’interrogent aujourd’hui sur la problématique de gestion du pays. Exiger la transparence et la rigueur des autorités élues, c’est une démarche qu’il faut soutenir », assure Oumar Mariko.

Dans les couloirs de la Haute Cour de justice du Mali, on affirme déjà que la plainte est irrecevable. Elle serait mal formulée et ce n'est pas devant cette institution qu'elle doit être déposée, argumente-t-on.

A la présidence, on affirme ne pas prendre cette plainte au sérieux. Pour l’un des conseillers d’IBK, il s’agit d’ « une manœuvre dilatoire, un coup de com' », il est persuadé que cette action n'aura pas de lendemain. Du côté de la majorité et associations de solidarité au président malien, on banalise l'affaire.