Ouganda: les résultats de la présidentielle officiellement contestés

Le président ougandais Yoweri Museveni, dans sa résidence de campagne de Rwakitura, dans l'ouest de l'Ouganda, le 21 février 2016.
© REUTERS/James Akena

Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle le 20 février, donnant Yoweri Museveni vainqueur, de nombreuses voix se lèvent pour critiquer le scrutin. Des observateurs ont relevé des irrégularités, bulletins pré-cochés, problèmes de registres, non-acheminement du matériel électoral dans les temps… Mais cette semaine, les résultats ont été contestés officiellement. Le parti de Mbabazi a déposé un dossier en justice et le parti de Bezigye a demandé un audit indépendant.

Le Forum pour le changement démocratique (FDC) rejette les résultats de l’élection présidentielle à cause des nombreuses irrégularités constatées par le parti, affirme Mugisha Muntu. Le président du FDC a avancé, par exemple, que dans certains bureaux de vote le nombre de personnes ayant été aux urnes est supérieur aux nombres d’inscrits sur les registres. Il a donc appelé tous les citoyens à faire valoir leurs droits. Et à condamner « les tentatives persistantes du régime pour criminaliser des actions pacifiques et civiques ». « Ce pays est en train de changer », a-t-il assuré.

Un appel à un audit indépendant donc, car le FDC a échoué à user du recours juridique possible devant la Cour suprême. Devant déposer le dossier lundi soir au plus tard, Mugisha Muntu assure qu’il a été impossible pour le parti de réunir l’ensemble des pièces et des preuves nécessaires. Kizza Besigye ayant été soit retenu par la police ou maintenu sous résidence surveillée.

Lundi soir, c’est donc celui qui est arrivé troisième à l’élection présidentielle qui a rejeté les résultats devant la Cour suprême. Les avocats de Amama Mbabazi, qui a réuni 1,5% des voix, ont déposé leur pétition devant la justice et ont laissé la porte ouverte à Kizze Besigye pour s’allier à eux dans cette démarche.

Selon le mouvement Go Forward, ce scrutin a eu lieu dans un contexte de corruption, de harcèlement et d’arrestations. La Cour a désormais 30 jours pour présenter ses conclusions.