RDC: des organisations de la société civile soutiennent le dialogue politique

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

Plusieurs organisations de la société civile appellent à une marche pour la paix et en soutien au dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila. Une marche prévue pour ce samedi 5 mars. Une démarche qui fait grincer des dents certaines organisations congolaises de défense des droits de l’homme.

Ce sera comme une procession, c’est ce que disaient les organisateurs de cette marche, une prière pour la paix, mais aussi pour qu’un dialogue s’instaure en République démocratique du Congo, comme l’explique Cathy Kalanga, porte-parole de la plateforme Société civile dans sa diversité : « Nous demandons que tout le monde puisse se mettre autour d’une table, qu’ils parlent parce que ce sont des Congolais qui se parlent. Comme ça, demain on peut organiser des élections apaisées, des élections qui ne vont pas amener la guerre après ».

Même si Cathy Kalanga dit parler d’un dialogue dans le respect de la Constitution et renvoyer dos à dos majorité et opposition, cette initiative suscite de la méfiance au sein de certaines organisations de défense des droits de l’homme, notamment à cause du passé de militant du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti présidentiel), mais aussi des prises de position de certains organisateurs de cette marche.

« C’est vraiment les pouvoirs qui l’organisent parce que si c’était réellement la société civile, qui est constituée par nos organisations qui dénonçons, qui critiquons tous les méfaits, les abus contre les droits de l’homme, on ne pouvait jamais nous accorder ça », estime maître Georges Kapiamba, représentant de l’Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) au Congo.

Seules les manifestations de soutien à la majorité et aux initiatives du gouvernement sont aujourd’hui autorisées en RDC, dénoncent ces organisations de défense des droits de l’homme. Un deux poids deux mesures confirmé par les Nations unies, mais vertement démenti par le gouvernement.