Election des gouverneurs en RDC: vers la fin des recours

La Céni est pointée du doigt par l'opposition.
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En République démocratique du Congo, J-1 avant la fin des recours pour les élections aux postes des gouverneurs et vice-gouverneurs des nouvelles provinces. La commission électorale appelle les candidats dont les dossiers ont été rejetés à se pourvoir en justice plutôt que de se plaindre dans les médias. Il faut dire que la publication de ces listes à provoquer un tollé dans les rangs de l'opposition comme le G7, composé d'anciens de la majorité mais aussi de la Dynamique de l'opposition, et même de certaines organisations de la société civile qui dénoncent une Céni aux ordres de la majorité présidentielle.

Tout est parti d'une lettre de la majorité à la Céni dénonçant des dizaines de candidatures. La majorité qui s'appuyait sur l'article 34 des mesures d'application de la loi électorale qui stipule qu'« un parti politique membre d'un regroupement politique [comme la majorité] ne peut présenter de liste de candidats dans une circonscription électorale dans laquelle le regroupement [des partis] a [déjà] présenté une liste. »

Première question soulevée par la société civile : comment la majorité a pu faire une réclamation en citant les noms des candidats avant même que la liste ne soit publiée ? Aucune collusion. Ces candidatures ne sont pas secrètes, assure le rapporteur adjoint de la commission électorale

Le cas des indépendants

Deuxième point soulevé : est-ce à la commission électorale de faire la police à la place de la majorité elle-même qui aurait pu sanctionner ceux qui se présentaient sans son accord ? La majorité a déposé une réclamation, il y a conflit d'intérêts, la Céni a le droit de trancher, rétorque son rapporteur adjoint.

Dernier point, peut-être le plus sensible : l'article 34 n'évoque pas le cas d'indépendants, qu'ils aient ou aient eu une affiliation politique. Or, dénonce l'opposition, ceux dont les candidatures sont rejetées avaient pour la plupart choisi de se présenter comme indépendants, et certains sont aujourd'hui proches de l'opposition. « Ils ont des fonctions ou mandats électifs obtenus comme membres de partis de la majorité, c'est connu », assure le rapporteur adjoint, ce que démentent plusieurs de ces candidats.