Rwanda: 22 ans de prison requis contre deux anciens officiers

Le général Frank Rusagara (à droite) et le colonel Tom Byabagamba (à gauche).
© RFI/Bryson Bichwa

Au Rwanda, le parquet a requis devant un tribunal militaire une peine de 22 ans de prison contre le colonel Tom Byabagamba, l’ancien tout-puissant chef de la garde présidentielle et un général en retraite, ancien secrétaire général du ministère de la Défense. Tous deux sont notamment accusés d’ « incitation au soulèvement ». Depuis le début de ce procès fleuve, commencé en septembre 2014, les deux prévenus plaident non coupable.

Quinze ans de prison pour « incitation au soulèvement » et cinq ans ferme pour « activités visant à ternir l’image du pays » ont été requis contre le colonel Tom Byabagamba et un ancien secrétaire général du ministère de la Défense. Le réquisitoire est lourd pour les deux haut gradés puisqu’il s’agit des peines maximales pour ces deux infractions. De plus, le parquet a requis deux ans pour « détention illégale d’arme à feu » à l’encontre du général à la retraite, Frank Rusagara, et la même peine pour le colonel Tom Byabagamba, mais cette fois pour « rétention de preuves ».

L’accusation leur reproche essentiellement des propos qu’ils auraient tenus devant des officiers. Tom Byabagamba est notamment accusé d’avoir déclaré que Kigali était derrière l’assassinat de Patrick Karegeya, l’ancien chef des renseignements rwandais et co-fondateur du parti d’opposition en exil du RNC. Frank Rusagara est, quant à lui, accusé d’avoir relayé la propagande de ce même parti.

Depuis le début du procès, les prévenus et leurs avocats ont toujours démenti ces accusations. Ils remettent notamment en cause la fiabilité des témoignages sur lesquels s’appuie l’accusation.

« Pour moi jusqu’à présent, j’en suis convaincu, mon client est innocent, donc il ne mérite pas cette peine, explique Pierre Celestin Buhuru, l’avocat de Frank Rusagara. D’autant plus que les preuves pour nous ne sont pas là, tout simplement. Et même si elles sont là, elles ne sont pas du tout suffisantes, ce sont des preuves qui prêtent à confusion et au doute. »

L’arrestation des deux prévenus, en août 2014, ainsi que celle d’un capitaine en retraite, avaient soulevé de nombreuses questions. Les observateurs avaient évoqué diverses hypothèses : fébrilité du régime, complot déjoué ou remise au pas de fortes têtes.