L'opposant Mahamat Tahir Korom se dit menacé par le pouvoir et quitte le Tchad

Un policier tchadien aux abords du marché central de Ndjamena, en juillet 2015.
© REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Au Tchad, Mahamat Taher Korom, le président de l'Union des jeunes pour le renouveau (UNDR), un organe affilié au parti de l'opposant Saleh Kebzabo, a dû quitter le pays. Selon son mouvement politique ainsi que la coalition Iyina à laquelle il appartient, Mahamat Taher Korom est victime de menaces de la part du pouvoir.

L'intéressé n'a pas souhaité s'exprimer, mais selon des informations recueillies auprès de ses camarades du parti, la pression devenait trop forte sur le jeune militant de l’UNDR. En plus des services de renseignements, son propre cercle familial ne cesse depuis quelque temps de le convaincre de quitter son mouvement politique.

« On nous a fait savoir qu'il a fait l'objet de menaces de mort de la part des agents des renseignements, assure Nadjo Keina, porte-parole du mouvement citoyen Iyina, contacté par RFI. Il était donc dans l'obligation d'aller se mettre en sécurité. »

Inquiétude chez les mouvements citoyens

Il n’est pas le seul à subir des pressions en ce moment, estime Nadjo Keina. De nombreux jeunes militants de la société civile payent aujourd’hui leur engagement dans la lutte pour l’alternance. C’est ce que dénonce le porte-parole de Iyina.

« Nous tous, nous tous, tous les jeunes qui sont aujourd'hui dans des mouvements citoyens, dans des organisations de la société civile » sont menacés, alerte Nadjo Keina. Le départ de ce militant dynamique, selon ses compagnons, est un coup dur, mais il n'entame en rien leur détermination.