Afrique du Sud: turbulences à l'ANC après la démission de son chef au Parlement

Les membres du Congrès national africain, le parti politique du président sud-africain Jacob Zuma, lors d'une manifestation contre le racisme près du siège de l'opposition, l'Alliance démocratique, le 20 mars 2015.
© REUTERS/Mike Hutchings

Ce jeudi 3 mars, le chef de file du Congrès national africain (ANC) au Parlement a annoncé sa démission, avec effet immédiat. Stone Sizani, fervent défenseur du président Zuma, va être redéployé comme ambassadeur en Allemagne, a annoncé son parti. Une démission-surprise, qui a été est interprétée par certains comme un signe de tension entre les députés de la majorité et le président.

Cela fait trois ans que Stone Sizani encaisse les coups au Parlement pour protéger le chef de l’Etat des attaques de l’opposition. Pour l’Alliance démocratique, principal parti d’opposition, sa démission est signe que Sizani en a eu assez de défendre l’indéfendable. Même constat pour l’analyste politique Ralph Mathekga pour qui cette démission est signe de dissension au sein de l’ANC.

« Quand Sizani a été nommé chef de file, c’était pour reconstruire le mur autour du président Zuma, pour le défendre, explique-t-il. Et nous voyons ce mur s’effondrer. Zuma lui-même a changé son discours sur le scandale de sa résidence privée, mettant tous ceux qui l’avaient soutenu dans une position embarrassante. Je crois que Sizani essaye tout simplement de se sortir de cette situation gênante. De plus, je pense que certains députés commencent à regarder vers l’après-Zuma. »

L'ANC dément toute division

Le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, a quant à lui nié la moindre contestation au sein de sa formation. « Je ne pense pas que ce soit geste soudain, car nous avons cette discussion depuis un certain temps, assure ce cadre du parti au pouvoir. Il lui a été offert un poste diplomatique et il l’a accepté. Je pense que ce serait un mensonge que de dire qu’il a démissionné brusquement. Nous estimons que ce ne sont que des spéculations que de dire qu’il y a un groupe de députés qui est insatisfait. J’ai eu une réunion récemment avec les députés de la majorité il n’avait aucun signe de cette révolte dont tout le monde parle. »

Il est vrai que les députés ANC sont sous pression. Cette semaine encore, le chef de l’Etat a été visé par une motion de censure déposée par l’opposition qui demande sa démission. Il s’agit de la deuxième en moins d’un an.