Côte d’Ivoire: mise au point d’Affi N’Guessan lors de sa rentrée politique

Pascal Affi N'Guessan, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, et candidat malheureux à l'élection présidentelle du 25 octobre 2015.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

A Abidjan, le Front populaire ivoirien (FPI), l'un des principaux partis d'opposition, a fait sa rentrée. Pascal Affi N’Guessan, le challenger malheureux d'Alassane Ouattara lors de la dernière élection présidentielle, a tenu son premier point presse de l'année, marquée par quelques mises au point.  

Pascal Affi N'Guessan est apparu intransigeant et ironique lors de sa première conférence de presse de l'année.

D’abord, il a été intransigeant vis-à-vis du pouvoir. Selon l’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo, les autorités continuent de privilégier une population contre une autre dans les administrations, et de favoriser des proches dans l'attribution de certains marchés.

Puis, Pascal Affi N’Guessan a été intransigeant vis-à-vis de sa propre famille politique. En effet, le FPI, avec Aboudramane Sangaré et Laurent Akoun, a fait scission déniant sa légitimité à la tête du parti.

« Le parti est tombé »

« Ils sont des militants du FPI, mais ils ne sont pas les dirigeants du FPI. Ces comportements aussi montrent pourquoi le parti est tombé », s’est exprimé Pascal Affi N’Guessan.

Puis poursuivant : « Si c’est comme ça que ces gens se comportent, comment un parti comme ça veut faire face aux défis, s’ils sont dans les enfantillages, dans le mensonge, dans la démagogie, dans la vente des illusions... »

La nationalité de Compaoré remise en question

Au fil de sa conférence de presse, le président contesté du FPI a également été ironique à propos de la récente naturalisation ivoirienne de Blaise Compaoré, poursuivi par Ouagadougou pour son implication présumée dans la mort de Thomas Sankara en 1987.

« Au plan juridique, je ne vois pas comment une nationalité peut protéger quelqu’un qui est accusé de crimes. Tous ceux qu’on traîne à la CPI ou devant les tribunaux, ils ont une nationalité. Mais au niveau du sens éthique, est-ce que cela est bien ? », a questionné Pascal Affi N’Guessan.

Le politique de l’opposition a conclu : Blaise Compaoré « devrait donc avoir le sens de l'honneur et aller [au Burkina] pour faire rétablir la vérité ».