Etat civil d'Ali Bongo: l'opposant Zacharie Myboto tacle le président gabonais

Le président de l'Union nationale Zacharie Myboto (g) et le président de l'Union pour la nouvelle république Louis Gaston Mayila saluent la foule lors d'une marche dans la quartier de Rio à Libreville, le 20 novembre 2010.
© AFP/WILS YANICK

Au Gabon, l'opposant Zacharie Myboto a lancé une nouvelle charge contre le Palais en bord de mer. Le président de l'Union nationale a appelé ses partisans ce jeudi 3 mars à faire barrage à la candidature du chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, à la présidentielle prévue au second semestre 2016, en le qualifiant de « faussaire », faisant référence à l'acte de naissance du président sortant. Il appelle le peuple gabonais à se lever. Ali Bongo Ondimba a annoncé lundi 29 février qu'il sera candidat à un deuxième mandat.

C'est un feuilleton judiciaire qui continue de faire des vagues au Gabon. En janvier, l'avocat de la demi-soeur d'Ali Bongo avait porté plainte pour faux et usage de faux, après avoir consulté l'acte de naissance du président gabonais, pointant des incohérences émaillant le document. Une plainte classée sans suite quelques semaines plus tard. Ce jeudi 3 mars, l'opposant et président de l'Union nationale Zacharie Myboto contacté par RFI est monté au créneau.

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« Vous ne pouvez pas utiliser des documents qui sont faux pour prouver que vous êtes gabonais ! », dénonce-t-il. Une démarche digne d'un « faussaire », juge M. Myboto. Ali Bongo « sait très bien que si aujourd’hui, il n’arrive pas à prouver ce qu’il est réellement au niveau du Gabon, il sait notamment qu’il y aura des réactions et c’est ce qui se passe aujourd’hui, ajoute-t-il. Au lieu de garantir l’entente, l’harmonie, la concorde, il va faire en sorte que les gens se divisent et il va faire en sorte qu’il y ait l’affrontement ! Nous devons prendre conscience qu’on n’a pas besoin d’avoir une candidature qui soit inconstitutionnelle. Ce n’est pas sorcier ! »

« Un comportement qui frise l’appel à la révolution inutile »

Ce à quoi le porte-parole de la majorité présidentielle, Guy Christian Mavioga, a immédiatement réagi au micro de RFI. Pour lui, ces accusations ne peuvent en aucun cas faire barrage à la candidature d'Ali Bongo Ondimba.

« Tous les Gabonais épris de bonne volonté qui souhaitent un changement véritable dans notre pays acclament cette décision du président de la République. Ceux qui sont perdants et des mauvais perdants, au lieu de s’organiser pour essayer de voir comment ils peuvent avoir un score raisonnable, préfèrent avoir un comportement qui frise l’appel à la révolution inutile et qui peut faire en sorte que les Gabonais traversent des moments difficiles », condamne M. Mavioga.

Et de lancer un appel au « calme » et à la « sérénité ». « Nous appelons à ce que tous les Gabonais se mobilisent derrière quelqu’un qui a un rêve positif pour le Gabon et non ceux qui prônent la politique du "ôte-toi de là pour que je m’y mette". Nous attendons donc nos adversaires sur le terrain de la politique, pas sur le terrain des insultes. Nous tenons à dire que nous avons, nous, pour l’instant, un minimum de retenue, mais cela ne nous empêche pas de répondre à ton opportun ceux qui vont se permettre d’avoir un comportement irrespectable. »