Soudan: des journalistes en grève de la faim après la fermeture d’un quotidien

Vue arienne de Khartoum, Soudan.
© Getty Images/ Robert Caputo

Au Soudan, une trentaine de journalistes, mais aussi des membres de la classe politique et de la société civile, ont lancé mardi 1er mars une grève de la faim. Ils protestent contre la fermeture forcée, il y a trois mois, du quotidien El Tayar, qui couvre l'actualité politique du pays.

Mardi 1er mars, des journalistes se sont postés devant les locaux de leur journal, le quotidien El Tayar, en arborant des chaînes à leurs mains. Ils ont ensuite entamé un « sit-in » à l'intérieur du bâtiment pour dénoncer la décision de fermeture du quotidien.

Le rédacteur en chef du journal encourt actuellement la peine de mort pour avoir incité à provoquer un printemps arabe dans le pays. Il s'agit de la plus importante manifestation du genre au Soudan.

« Cette grève de la faim c'est la troisième étape de protestation de nos journalistes depuis la suspension, il y a trois mois, de notre journal. Nous avions commencé par des manifestations, puis une pétition a recueilli un million de signatures dans et en dehors du pays, explique Ismaïl Mergani, directeur du journal. Maintenant, avec cette grève de la faim, nous entendons faire entendre davantage notre voix et le cas de notre journal. Mais plus généralement, c'est sur la situation des libertés au Soudan que nous voulons alerter. Elle n'a jamais été aussi catastrophique. »

« Nous adressons bien sûr un message au public soudanais de manière générale, mais aussi à la communauté internationale qui est sensible aux questions des libertés, rajoute Ismaïl Mergani. Ce n'est pas une cause soudanaise, mais universelle. Il faut nous soutenir. Je suis sûr que ce message est passé de manière très forte auprès des Soudanais dont on constate aujourd'hui qu'ils nous soutiennent en nombre et à chaque instant dans notre grève de la faim. »