Mali: le mandat de la Minusma est-il suffisant pour combattre le terrorisme?

Des casques bleus de la Minusma à Kidal le 22 juillet 2015.
© REUTERS/Adama Diarra

Le Conseil de sécurité des Nations unies arrive vendredi soir à Bamako. Les quinze ambassadeurs du Conseil de sécurité rencontreront le président malien IBK mais aussi les représentants des groupes armés signataires de l'accord de paix : huit mois après sa signature, il s'agira de faire le point sur son application, toujours laborieuse. En question aussi pendant cette visite : l'augmentation des attaques terroristes et le mandat de la Minusma, la Mission des Nations unies dans le pays, pour faire face à cette menace.

« Ecouter, constater pour permettre de prendre rapidement des décisions », c'est par ces mots qu'un diplomate onusien résume la visite qu'effectue actuellement au Mali la délégation du Conseil de sécurité des Nations unies. Au programme, visite de terrain à l'intérieur du pays, rencontre avec les autorités maliennes, notamment le Premier ministre et le président de la République, mais également avec les acteurs du processus de paix.

Avec tous ses interlocuteurs, la mission onusienne évoquera la mise en oeuvre de l'accord de paix d'Alger, notamment ses avancées et ses lenteurs. Mais à côté d'Alger, il y a désormais des négociations directes entre le gouvernement malien et les groupes armés. Décision importante issue de ces discussions directes : un forum de paix qui se tiendra avant la fin du mois de mars à Kidal, ville sous contrôle de la rébellion.

En principe, le Premier ministre malien participera à cette rencontre. Il faut très probablement s'attendre à des questions des envoyés de l'ONU sur ces négociations entre Bamako et les groupes armés. Côté gouvernement, un interlocuteur affirme qu'encore une fois le Mali demandera à l'ONU d'armer ses casques bleus au Mali d'un mandat plus robuste. Objectif : lutter plus efficacement contre les jihadistes.

A relire: les casques bleus peuvent-ils répondre aux attaques terroristes ?

Dans ce contexte, deux engins improvisés ont explosé lundi 29 février près de Kidal, blessant six Casques bleus. Il y a trois semaines, le camp de la Minusma à Kidal essuyait sa pire attaque : sept morts, une cinquantaine de blessés. Mais la force onusienne est une force de maintien de la paix, de protection des civils : son mandat lui permet de répliquer en cas d'attaque, mais pas de traquer les groupes terroristes.

En visite à Kidal pour soutenir ses troupes, le général Gomart, chef d'état-major de la force onusienne, a pourtant jugé ce mandat suffisant. « A partir du moment où la Minusma est sur le terrain, qu'elle contrôle une zone et protège la population, on peut considérer que c'est de l'offensif, on n'est pas passif, on est sur le terrain, on contrôle une zone, justifie l'officier supérieur. Donc on empêche les terroristes de se déplacer et de venir dans cette zone. Donc on est bien dans un combat anti-terroriste, même si ce n'est pas un mandat offensif parce que nous n'avons pas ce mandat au sein de la Minusma. Mais nous pouvons perturber, gêner, empêcher les terroristes d'agir. »

Les autorités maliennes n'ont de cesse de demander un mandat plus robuste pour la force onusienne. Le Conseil de sécurité pourra en juger sur le terrain avant de décider d'éventuels amendements : le mandat de la Minusma doit être examiné courant juin, avant son renouvellement au mois de juillet.