Le ministre britannique de la Coopération inquiet pour la région des Grands Lacs

Nick Hurd.
© Policy Exchange

La Grande-Bretagne inquiète par rapport aux évolutions politiques dans la région des Grands Lacs, en termes de démocratie et de respect des droits de l’homme. A l’occasion d’une visite au Congo, le ministre britannique de la Coopération, Nick Hurd, dit que son pays est prêt à revoir ses options. Un message adressé notamment aux deux grands partenaires de Londres dans la région, à savoir la RDC et le Rwanda, mais aussi au Burundi.

Le ministre britannique de la Coopération Nick Hurd l'a répété : la région des Grands Lacs est très importante pour la Grande Bretagne. « C’est même d’une importance stratégique », insiste-t-il au micro de RFI. Car les investissements de Londres dans la région sont considérables : 2,5 milliards d’euros sur les 10 dernières années.

« En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, nous sommes très impliqués dans les opérations de maintien de la paix. Et nous avons des relations très importantes en particulier avec la République démocratique du Congo et le Rwanda, mais nous apportons une assistance humanitaire au Burundi. Donc la région est importante pour nous et on a investi avec l’espoir que ces pays soient sur la voie de la stabilité et de la prospérité. C’est ce que tout le monde veut. »

→ A (re)lire : L'ONU dresse un tableau alarmant sur la situation au Burundi

Pour autant, le ministre britannique s'inquiète « des actes qui vont à l’encontre de ces progrès et en particulier quand il y a un risque d’instabilité, mais aussi des atteintes au respect des textes constitutionnels ou d’accords antérieurs ». « Donc nous observons les choses de près et nous faisons part de notre inquiétude de manière directe. C’est ce que j’ai fait à Kinshasa. Et nous renvoyons les options que nous avons prises à la lumière des preuves dont nous disposons. C’est un processus en cours et c’est l’un des défis auxquels nous faisons face en travaillant dans le secteur du développement dans la région. »

Le ministre britannique de la Coopération a insisté sur le respect des délais constitutionnels pour les élections législatives et présidentielles en RDC, des élections auxquelles le gouvernement et la commission électorale doivent donner la priorité, selon lui. La Grande Bretagne promet 14 millions d’euros pour soutenir le processus. Nick Hurd a également fait part de son inquiétude à propos du Rwanda et du troisième mandat que le président Kagamé entend briguer.

→ Lire aussi : Rwanda: l'opposition réagit à l'annonce de la candidature de Kagame

« Nous gardons le pays sous surveillance constante, assure Nick Hurd. C’est une relation importante pour nous, nous avons l’impression d’avoir contribué à la success-story qu’est le Rwanda, car c’est une success-story. Mais nous avons dit clairement que nous étions très inquiets, de l’inquiétude et des doutes à propos à propos de cette sorte de processus politique et nous l’avons dit directement aux autorités. Mais in fine, la décision finale revient aux Rwandais eux-mêmes et ils se sont exprimés fortement en faveur du maintien au pouvoir du président et c’est quelque chose que nous devons respecter. »

Comment être sûr que la population rwandaise s’est exprimée alors que des rapports des Nations unies et de Human Rights Watch disent qu'il est presque impossible pour toute voix dissidente de s’exprimer au Rwanda ? A cette question, le ministre britannique de la Coopération rappelle que Londres a déjà exprimé son inquiétude, « comme nous l’avons d’ailleurs fait au Congo où le même type d’inquiétude s’est exprimé récemment. Au Rwanda, nous avons revu notre manière de travailler, ils n’étaient pas contents. Mais nous avons dit très clairement, nous n’aimons pas ce qui se passe, donc nous avons arrêté de donner de l’argent directement au gouvernement, sans changer le niveau d’investissement mais nous avons changé par qui nous passons pour le faire. »