Mauritanie: ce 6 mars, première journée nationale de lutte contre l’esclavage

Une manifestation contre l'esclavage et la discrimination à Nouakchott, le 29 avril 2015.
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En Mauritanie, le gouvernement a adopté un projet de décret pour faire du 6 mars de chaque année une journée nationale de lutte contre l'esclavage. C'est pour contribuer à éradiquer une pratique qui persiste malgré son abolition depuis une trentaine d'année. Cette journée sera observée pour la première fois, ce dimanche 6 mars.

Cette date a été retenue car elle correspond à l'adoption, il y a deux ans, par la Mauritanie, d'une feuille de route pour l'éradication de l'esclavage. Pour Iradiha Abdelwadoud, présidente de la Commission nationale des droits de l'homme, il faut en finir avec ce phénomène. « Cette journée démontre réellement la volonté politique du gouvernement mauritanien, de la Mauritanie toute entière d’éradiquer définitivement ce fléau qui n’a plus de raison d’être aujourd’hui. Cela participe aussi de cette volonté de la part des pouvoirs publics et des organisations des sociétés civiles mais aussi des partenaires d’aider la Mauritanie à tourner la page définitivement », a-t-elle déclaré à RFI.

Mais pour certaines organisations de la société civile, ce n'est qu'un effet d'annonce. La solution serait plutôt de punir les esclavagistes.

« Les autorités mauritaniennes nous ont habitués à cette politique de fuite en avant. Tous les rapports des spécialistes des Nations unies et des défenseurs des droits de l’homme insistent sur la persistance des pratiques esclavagistes en Mauritanie », a, pour sa part, déclaré Bala Touré, secrétaire aux Relations extérieures de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste.

Depuis 2015 en Mauritanie, une loi fait de cette pratique un crime contre l'humanité qui est passible de 20 ans de prison.