Les rebelles de la LRA continuent les enlèvements de civils, selon deux ONG

Une patrouille l'armée ougandaise dans la jungle sur les traces des rebelles de la LRA, en avril 2012.
© AFP PHOTO/STRINGER

Les rebelles de la LRA font moins parler d'eux et sont plus faibles qu'il y a quelques années, mais ils n'ont pas disparu. C'est ce qui ressort d'un rapport publié par les ONG The resolve et Invisible children. Créée dans les années 1980 en Ouganda, l'Armée de résistance du Seigneur est toujours active, essentiellement en Centrafrique et en République démocratique du Congo. Selon ces deux ONG, la LRA est capable de reconstruire une force de combat, si on lui en laisse l'occasion.

La LRA se livre toujours aux pillages et surtout à de nombreux enlèvements. Depuis le début de l'année, les rebelles ont capturé 217 personnes en Centrafrique. C'est quasiment deux fois que pour toute l'année 2015.

Souvent, ces personnes enlevées sont utilisées comme porteurs, après les pillages et sont rapidement relâchées, mais une quarantaine d'enfants sont toujours aux mains de la LRA.

Il est trop tôt pour dire si le groupe compte en faire des enfants-soldats, mais il faut noter que ces derniers mois, la LRA a intégré des dizaines d'enfants.

Les rebelles cherchent à former au moins une partie des personnes capturées, parce qu'ils ne peuvent plus recruter en Ouganda et qu'ils ont dû faire face à des défections dans leurs rangs. Ils choisissent des jeunes entre 10 et 20 ans, en bonne santé, capables de marcher longtemps, de travailler et de participer à des attaques.

Cela inquiète les ONG de lutte contre la LRA. Elles préviennent que le groupe est capable de reconstruire une force de combat, si on lui en laisse l'occasion, et demandent aux pays concernés, c'est-à-dire principalement la Centrafrique et la République démocratique du Congo, de prendre des mesures pour protéger les civils.

La LRA mène des attaques loin de ses bases pour éviter que ses chefs ne soient repérés. Par exemple, il y a peu de violences dans l'enclave de Kafia Kingi entre le Soudan et la Centrafrique, car c'est là que se trouve le leader du groupe, Joseph Kony.

Mode opératoire de la LRA en Centrafrique et en RDC

En Centrafrique, les rebelles ont mené plusieurs attaques importantes au début de l'année, ils ont pillé, brûlé un village entier et s'en sont pris aux civils. C'est nouveau : il y a quelques mois, Joseph Kony avait demandé à ses hommes de ne pas piller. Il avait mis en place une nouvelle tactique, observée surtout en République démocratique du Congo : les rebelles installent des barrages le long des routes, arrêtent de petits groupes ou juste un couple, donnent de l'argent à l'un d'entre eux pour qu'il aille leur chercher des provisions ou du matériel en ville et jusqu'à son retour, ils gardent l'autre en otage.

La LRA dirige aussi de petites équipes de braconniers qui ramènent des défenses d'éléphant du parc national de Garamba. En Centrafrique, c'est un autre type de trafic : les rebelles attaquent surtout des mines de diamants. Et quand ils visent directement des civils, ils choisissent le plus souvent des forêts isolées pour ne pas être repérés. 
 

→ Pour lire le rapport L'Etat de la LRA en 2016 : cliquez ici