RCA: regain de tensions et de violences meurtrières à Bambari

Un membre de l'ancienne rébellion Seleka pose avec son arme à Bambari, en mai 2015.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

En Centrafrique, depuis plusieurs jours les violences regagnent en intensité à Bambari, dans le centre du pays. Depuis 2014, la ville est coupée en deux. Musulmans d'un côté, chrétiens de l'autre. Anti-balakas et ex-Seleka se faisant face. Si la tension est quasi-permanente dans cette ville, depuis la semaine dernière, plus d'une quinzaine de personnes ont été tuées dans des accrochages et des représailles.

Ce nouveau cycle de violences et de représailles a démarré d'une manière presque habituelle à Bambari. En début de semaine, deux musulmans sont enlevés sur une route à une dizaine de kilomètres au sud de la ville.

Jeudi, un accrochage oppose un groupe d'anti-balakas et des éléments de l'UPC, l'ex-Seleka locale. L'affrontement se poursuit dans un site de déplacés. Il y a plusieurs morts. Des nouveaux accrochages sont signalés vendredi quand des hommes armés tirent sur un Peul. Là encore, une course poursuite s'engage et des affrontements éclatent. Samedi, nouvel accrochage.

En tout, selon une source humanitaire, ce sont plus d'une quinzaine de personnes, hommes ou femmes, combattants ou non, qui ont trouvé la mort dans ce regain de violences depuis la semaine dernière.

Et un nom revient, celui d'un certain Fally. Anti-balaka ou criminel, décrit comme voulant en découdre avec les musulmans et les éleveurs peuls, il avait été arrêté par la Minusca en janvier et remis à la gendarmerie. Début février il s'est évadé et serait très actif depuis. Les deux mouvances anti-balakas qui prévalent à Bambari affirment ne pas appuyer cet homme et son groupe.

A Bambari, après une accalmie en fin d'année dernière, la violence communautaire est latente depuis le début de l'année. Les incidents violents sont quasi quotidiens et les nombreux sites de déplacés ne désemplissent pas.