Afrique du Sud: 20 ans après, Mbeki provoque à nouveau l'indignation sur le Sida

L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, le 5 décembre 2010. (Photo d'illustration).
© AFP/ Kambou Sia

L’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, provoque à nouveau l’indignation avec ses propos sur le Sida. Lors de sa présidence, Thabo Mbeki avait suscité un tollé en émettant des doutes sur l'origine virale du Sida. Il est estimé que son refus de reconnaître les causes de la maladie a été à l’origine de dizaine de milliers de nouvelles infections. Dans une lettre ouverte publiée, ce lundi 7 mars, comme chaque lundi, l’ex-président revient sur un sujet qui a entaché sa présidence.

« Je n’ai jamais dit que le VIH n’entraîne pas le Sida, mais qu’un virus ne peut pas être la cause d’un syndrome », écrit Thabo Mbeki.

Vingt ans après, Thabo Mbeki essaye de se défendre. Pendant des années, l’ancien président a nié tout lien entre le VIH et le Sida. Ce n’est que face aux pressions de la communauté internationale qu’il a semblé plier, retardant considérablement l’entrée de traitements anti-VIH dans son pays.

Pour Mark Heywood, fondateur de la plus grosse association d’aide aux malades du Sida, les propos de l’ex-président sont tout simplement scandaleux.

« Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le même Thabo Mbeki qui réitère, réaffirmant qu’il a toujours nié la réalité du Sida et qu’il continue de le faire. Il n’a pas un mot d’excuse pour une politique qu’il a adoptée, que tout son gouvernement a endossé et qui, selon certains chercheurs, a coûté la vie à plus de 365 000 personnes qui auraient pu être sauvées si nous avions distribué les bons traitements », a déclaré Mark Heywood.

Jusqu’en 2006, la ministre de la Santé de Thabo Mbeki allait jusqu’à recommander l’utilisation d’ail, d’huile d’olive et de betteraves comme traitement.

Ce n’est qu’en 2009 que les anti-rétroviraux ont été introduits par l’actuel gouvernement et depuis, l’espérance de vie a augmenté de dix ans.

Néanmoins, l’Afrique du Sud reste un des pays avec le plus fort taux de prévalence au monde, avec près de 20% de la population adulte infectée.