Reprise du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la CPI

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, lors du premier jour de son procès, le 28 janvier 2016.
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Après plus de deux semaines de suspension, le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé reprend ce lundi 7 mars devant la Cour pénale internationale à La Haye. L'ex-président ivoirien et son bras droit sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur rôle présumé dans les violences post-électorale de 2010-2011. Les deux hommes ont plaidé non coupable. Plus d'un mois après l'ouverture du procès le 28 janvier, les travaux de la cour avancent lentement. Cette nouvelle semaine doit être consacrée à l'audition du cinquième témoin de l'accusation.

Au moins quatre jours vont être consacrés à l'audition de ce cinquième témoin sur lequel le bureau du procureur ne veut rien dire, pas même s'il s'agit d'un homme ou d'une femme ou encore sur quel crime présumé porte son témoignage.

Il faut dire qu'en plus des mesures de confidentialité habituelles, l'accusation se veut encore plus vigilante après la diffusion, par erreur, des noms de quatre de ses témoins la deuxième semaine d'audiences. Des témoins, l'accusation compte en présenter 138, en plus de 10 000 pièces à conviction.

Le but, comme l'a expliqué la procureure au premier jour du procès : démontrer que pour se maintenir à tout prix au pouvoir, Laurent Gbagbo a planifié et ordonné une série d'attaques meurtrières, menées par une organisation composée de forces de sécurité, milices, mercenaires et mouvements de jeunes.

Charles Blé Goudé était au cœur du cercle restreint qui pilotait ce dispositif, selon la procureure. La représentante des victimes a ensuite souligné l'importance de briser le silence.

Côté défense, les avocats de Laurent Gbagbo ont dénoncé une vision partiale de la crise, accusant Alassane Ouattara d'avoir pris le pouvoir par la force, avec l'appui de la France. Et c'est Charles Blé Goudé lui-même qui a clôt les discours d'ouverture. « Aucune goutte de sang ne crie contre moi » a déclaré celui que ses avocats ont présenté comme un homme de paix.