Rwanda: le Parti vert pose ses conditions pour participer à la présidentielle

Le Parlement rwandais, à Kigali.
© Will Boase/Bloomberg via Getty Images

Au Rwanda, la petite formation d'opposition du Parti démocratique vert conditionne sa participation à l'élection présidentielle de 2017 à des réformes politiques et électorales. Le parti a rendu publique cette décision à l'issue d'un bureau politique qui s'est déroulé ce week-end. Le Parti démocratique vert est la seule formation politique du pays, légalement enregistrée, à s'être opposée à une réforme de la Constitution permettant à Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017. Selon le président de la formation d'opposition, les lois actuelles favorisent le parti au pouvoir et ses alliés au détriment des petits partis.

Interdire à tous les élus locaux de cumuler leur fonction avec celle de responsable local d'un parti politique, permettre aux formations de recevoir sous conditions des financements de l'étranger ou encore que l'Etat avance les frais de campagne des partis politiques.... Tels sont les principales requêtes du Parti démocratique vert. Des requêtes qui, selon son président Frank Habineza, sont essentielles à une compétition équitable en 2017.

« Les lois qui sont en place favorisent exclusivement le parti au pouvoir et sa coalition, estime-t-il. L'élection ne sera pas valable s'il elles ne sont pas réformées. Nous voulons prendre part à une élection au cours de laquelle il y a une vraie compétition, sinon, nous ne voyons pas l'intérêt d'y prendre part. »

Frank Habineza dénonce également un manque d'ouverture politique. Il assure que les membres de son parti sont marginalisés et souvent exclus du marché du travail en raison de leur appartenance à un parti d'opposition.

« Au regard des Rwandais, en tant que non-membres du parti au pouvoir, nous sommes souvent vu comme des "ennemis de l'Etat", considère le président du Parti démocratique vert. Cette atmosphère doit changer. Nous rendons donc publique nos préoccupations au gouvernement et aussi au parti au pouvoir afin que le FPR accepte de cohabiter avec les autres partis. »

En vue des élections législatives de 2018, Frank Habineza souhaiterait également que le nombre de voix minimum requis pour qu'une formation entre au Parlement passe de 5 à 4%.