Violences au Burundi: fin de la première phase d’enquête de l’ONU

Un homme fuit les violences dans le quartier de Cibitoke. Sept personnes ont été tuées, dont un policier. Bujumbura, le 1er juillet 2015.
© AFP PHOTO / MARCO LONGARI

Au Burundi, la visite des experts, chargés par l’ONU d’enquêter sur les violations des droits de l’homme, s’est achevée mardi 8 mars. Mandatés par la résolution du 17 décembre 2015, les trois experts ont, pendant 8 jours, mené des entretiens et rencontré différentes personnalités politiques, religieuses et issues de la société civile burundaise. Il s’agit de la première phase de leur enquête.

L’objectif de la mission était d’établir les responsabilités pour les cas de violations des droits de l’homme au Burundi. Mais pour l’instant, « il est encore trop tôt pour dire exactement qui a fait quoi », affirme Maya Sahli-Fadel, l’une des expertes.

Toutefois, selon Christof Heyns, lui aussi envoyé par l’ONU, il apparait clairement que des exactions ont eu lieu, notamment des exécutions extra-judiciaires. Il ajoute que nombre d’officiels ont le sentiment d’être « attaqués », notamment par la communauté internationale et le Rwanda.

Les experts ont également écouté des membres de la société civile ainsi que des autorités religieuses, avant de visiter la prison de Gitega dans le centre du pays. Ils y ont rencontré les présumés putschistes qui s’y trouvent.

Ils n’ont en revanche pas demandé à visiter les geôles du Service national de renseignement, lieu de nombreuses exactions selon plusieurs rapports. Ils n'ont pas non plus visité des sites qui pourraient abriter des fosses communes, ni de rencontres avec des victimes de violations de droits de l’homme.

Selon Maya Sahli-Fadel, ces étapes seront remplies lors de la seconde phase durant laquelle neuf enquêteurs seront envoyés sur le terrain. Mais les autorités burundaises devront accepter leur venue. La première phase avait été retardée d’un mois, en raison de l’absence de réponse de Bujumbura.

Après la remise d’une notre verbale le 21 mars au Conseil des Droits de l’homme, l’ONU espère lancer seconde phase de son enquête dès le mois d’avril.