Mali: élus et société civile veulent «déradicaliser» les jeunes de Mopti

Vue de Mopti, ville du centre du Mali.
© Getty Images/Friedrich Schmidt

Des notables, des membres de la société civile, des élus de la région de Mopti, dans le centre du Mali, ont lancé une initiative : arracher les jeunes originaires du centre du Mali des griffes des groupes islamistes, les « déradicaliser ». L'opération se poursuit, et d'après les initiateurs, 200 jeunes combattants ont déjà quitté les rangs des islamistes.

Les premières négociations ont été discrètes, voire secrètes. Des notables, des élus de la région de Mopti, au centre, ont dans un premier temps rencontré et convaincu les jeunes leaders des combattants maliens qui ont notamment intégré les rangs du Front de libération du Macina, composé de jihadistes alliés au groupe du nord Ansar Dine.

Dans un second temps, les représentants de ces jeunes combattants sont venus à Bamako discuter avec les autorités. Résultat : plusieurs dizaines de combattants ont décidé de déposer les armes, explique Hama Cissé, ancien maire et notable de la région de Mopti. Il a participé aux négociations.

« Beaucoup de ces jeunes ont combattus avec tous les groupes. C’est des maliens, des parents à nous. Ils ont fait des erreurs, ils veulent aujourd’hui revenir, assure-t-il. Ceux qui ont accepté déjà, ils sont près de 200. S’ils ne revenaient pas aujourd’hui, ils se radicaliseraient encore plus et rejoindraient d’autres groupes hors du Mali. »

En attendant, pour assurer un avenir à ces jeunes maliens, il est de plus en plus question de les intégrer dans le processus « Désarmement, démobilisation et réinsertion » (DDR) en cours dans le Nord.