Libye: pas d'intervention occidentale sans un gouvernement d'union nationale?

Photo prise à Sabratha, à l'ouest de Tripoli, en Libye, par les autorités de la ville après un raid aérien de l'armée américaine contre un camp d'entraînement de l'organisation EI, le 19 février 2016.
© REUTERS/Sabratha municipality media office/Handout

Y aura-t-il bientôt une intervention militaire en Libye ? Dernièrement, de nombreux signaux allaient dans le sens d'un engagement armé sous supervision occidentale pour contenir l'influence grandissante de l'organisation Etat islamique en Libye. La presse internationale s'en est largement fait l'écho ces derniers jours. Mais pour le moment, cette intervention est seulement présentée par les parties prenantes comme l'une des options sur la table.

Les signes d'un engagement plus important de la part des Occidentaux sur le théâtre libyen se sont multipliés ces dernières semaines.

Outre les articles de presse évoquant des opérations clandestines, il y a toutes les manœuvres annoncées : les vols de reconnaissance menés par la France fin 2015, les frappes américaines, dont la dernière en février visait un chef présumé du groupe EI, etc.

Cette semaine, des responsables militaires à Washington révélaient, sous le sceau de l'anonymat, que 30 à 40 cibles jihadistes avaient été répertoriées par le Pentagone.

L’Italie, appelée par Washington à jouer un rôle de premier ordre, autorise depuis peu les drones armés américains à utiliser une base en Sicile. Mais sur son engagement direct, Rome se montre encore ambiguë. La question demeure épineuse, car sur place, les conditions sécuritaires et politiques ne sont pas réunies. La lutte que se livrent les deux gouvernements rivaux et leurs milices respectives a laissé grandir le groupe Etat islamique.

Les milices alliées au gouvernement de Tripoli sont passées à l'offensive contre l'organisation Etat islamique seulement depuis le mois dernier.

Quant à la coalition rivale, dirigée par le général à la retraite Khalifa Haftar à l'Est, il est occupé à chasser les brigades islamistes de Benghazi.

Enfin, toutes les capitales occidentales continuent de désigner comme préalable le vote d'un gouvernement d'unité libyen avant toute intervention.