Le Maroc critique les propos de Ban Ki-moon sur le Sahara occidental

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rencontré Ahmed Boukhari, représentant du Front Polisario à l'ONU, près de la base des Nations unies à Bar-Lahlou.
© Farouk Batiche / AFP

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a terminé dimanche 6 mars une visite dans le camp de réfugiés de Tindouf, en Algérie, et dans la partie du Sahara occidental géré par les indépendantistes du Polisario. Son objectif était de relancer les pourparlers pour trouver une issue à cette crise, qui dure depuis l'annexion de l'ancienne colonie espagnole par le Maroc, en 1975. La réaction du Maroc ne s'est pas fait attendre longtemps : moins de deux jours après le départ de Ban Ki-moon, le royaume a exprimé sa « stupéfaction ».

Le communiqué du gouvernement marocain est cinglant. En cause : les « dérapages verbaux, les faits accomplis et les gestes de complaisance injustifiés » du secrétaire général de l'ONU.

Lors de sa visite, notamment dans les territoires contrôlés par le Polisario, Ban Ki-moon a déploré l'absence de progrès entre les parties au conflit. Il a ajouté que la mission locale de l'ONU était prête à organiser un référendum d'autodétermination, avec l'accord de tous. Une tâche plus que difficile, que Ban Ki-moon a de nouveau confiée à son envoyé spécial Christopher Ross.

Mais Rabat s'oppose catégoriquement à l'organisation d'un référendum, qui est pourtant l'un des mandats de la mission de l'ONU. A la place, le royaume propose une large autonomie à l'ancienne colonie espagnole, qu'il considère comme partie intégrante de son territoire historique. Se prononcer pour une consultation populaire, pense-t-on à Rabat, c'est donc prendre parti pour l'un des belligérants.

C'est aussi la raison pour laquelle le Maroc a également exprimé sa « stupéfaction » devant l'utilisation du mot « occupation » par Ban Ki-moon, s'agissant de ce qu'il appelle la province du « Sahara marocain ».

Rabat, qui dit espérer que ce n'est qu'un « lapsus », s'est toujours montré très sourcilleux sur la neutralité de l'ONU, surtout lorsqu'on s'exprime depuis l'Algérie, sa voisine et rivale, et principal soutien des indépendantistes du Polisario.