L'Union européenne appelle au respect des libertés civiles en RDC

Le président congolais Joseph Kabila, en octobre dernier à Beni.
© AFP PHOTO/ALAIN WANDIMOYI

La délégation de l’UE, appuyée par toutes les chancelleries européennes, rappelle le gouvernement congolais à respecter ses engagements nationaux, notamment la Constitution, et ses engagements internationaux, faisant référence aux accords de Cotonou. Elle se dit préoccupée par le nombre croissant d’actes d’intimidations et de harcèlement.

Presque en guise d’introduction, l’Union européenne rappelle qu’ « en cette période préélectorale, le respect des droits de l’homme et des libertés civiles est crucial afin de permettre des élections transparentes, apaisées et crédibles. »

Alors que le président Kabila a convoqué un dialogue national depuis fin novembre, dialogue qui tarde à venir, la diplomatie européenne insiste : « L'appel au dialogue politique doit nécessairement aller de pair avec le droit de tous de s'exprimer librement ». Plusieurs éléments semblent perturber les chancelleries européennes. Et avant tout, « les rapports faisant état d’actes de harcèlements et intimidations en nombre croissant visant des responsables politiques, des membres de la société civile et des médias ».

Deuxième motif d’inquiétude, les entraves auxquelles fait face la Monusco (Mission de l'ONU en RDC) pour ce qui est « de constater et de dénoncer les violations des droits de l’homme ». Dans cette déclaration locale, l’Union européenne insiste sur le fait que, la Monusco, dont le bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme dépend, agit conformément à la résolution 2 211 du Conseil de sécurité. Une résolution qui stipule que son mandat est aussi précisément « de constater et dénoncer les violations des droits de l’homme, y compris celles qui se produisent dans le cadre des élections. »

Toutefois, l’UE explique qu’elle continuera de soutenir la réforme de la justice à travers son programme, quelque 40 millions d’euros au titre du Fonds européen pour le développement, et ce « afin de garantir à tous les Congolais un accès indiscriminé à une justice impartiale […], conformément aux lois et à la Constitution. »

Pour rappel, plusieurs chancelleries occidentales s’étaient inquiétées après le verdict à l’encontre de six militants du mouvement citoyen la Lucha, qui avaient écopé de deux ans d’emprisonnement en première instance, puis de six mois en appel.

Le gouvernement congolais avait vivement protesté contre ces communiqués de la communauté internationale, dénonçant un néocolonialisme et mettant en avant l'indépendance de la justice congolaise. Kinshasa rejette systématiquement les critiques faisant état d'une restriction de l'espace démocratique.