Somalie: les shebabs confirment les frappes américaines mais contestent le bilan

Combattants shebabs lors d'un entraînement militaire au nord Mogadiscio.
© AFP/TOPSHOTS/STRINGER

Les Etats-Unis ont porté un coup dur samedi 5 mars au groupe islamiste al-Shebab, la franchise somalienne d'al-Qaïda. Une frappe aérienne a visé un important centre d'entraînement des jihadistes, dans la région de Hiiran, à 200 km au nord de Mogadiscio. Il est impossible à ce stade de déterminer le nombre exact de victimes. Les Etats-Unis affirment avoir tué plus de 150 combattants, dont plusieurs commandants. Les shebabs, eux, tout en reconnaissant avoir été frappés, parlent d'un bilan « exagéré ». Dans la région, on craint désormais la réaction des jihadistes.

Depuis samedi, le secteur autour du camp d'entraînement de Raso est bouclé. Selon un habitant d'un village voisin cité par une radio somalienne, les jihadistes ont procédé à une dizaine d'arrestations parmi les chefs de communauté des villages alentours. Ils cherchent les informateurs qui ont aidé l'aviation américaine à localiser sa cible et à porter ce coup spectaculaire au groupe al-Shebab.

Selon des témoins de l'attaque, les appareils américains sont passés deux fois au-dessus du camp d'entraînement, samedi dernier. Des villageois disent avoir entendu un drone et un chasseur-bombardier larguer trois salves à chacun de leur passage. Selon eux, le complexe de Raso a été entièrement détruit.

Dans ce camp, identifié par les renseignements somaliens comme un centre de planification, se déroulait alors une cérémonie marquant la fin de l'entraînement pour des dizaines de nouvelles recrues jihadistes.

Le Pentagone dit que les combattants se préparaient à lancer une « attaque de grande ampleur » dans la région, similaire à l'attaque de la caserne d'El-Adde, le mois dernier, qui a coûté la vie à une centaine de soldats kenyans intégrés à l'Amisom, la force militaire de l'Union africaine en Somalie. Une source au sein des renseignements somaliens affirme que, cette fois, c'étaient des soldats djiboutiens qui allaient être visés.

Les islamistes shebabs gardent néanmoins une forte capacité de nuisance en Somalie. Lundi, six personnes ont été blessées par l'explosion d'un ordinateur portable caché dans un bagage, à l'aérodrome de Beledweyne, à 325 km au nord de Mogadiscio. C’est l'explosion d'un ordinateur portable qui avait failli faire s'écraser un Airbus de la compagnie Daallo Airlines, le 15 février, peu après son décollage de l'aéroport de la capitale somalienne.